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Moteurs de recherche collaboratifs : plus humains et plus pertinents

Jean-Baptiste Su

mardi 13 juin 2006, par anass


Yahoo Answers, Google Co-op ou Yoono en France... les services de recherche d’informations basés sur l’échange et le partage au sein d’une communauté se multiplient. Analyse d’une des grandes tendances actuelles du web avec Allen Weiner, vice-président du cabinet Gartner.

La recherche coopérative ou "social search" est la nouvelle tendance du moment. Tout le monde s’y met, de Ask.com à Yahoo, en passant par Google, Lycos, Eurekster, YouTube, etc... Allen Weiner, l’analyste du Gartner qui surveille ce secteur, nous explique que la recherche classique telle que l’on la connaît aujourd’hui, ou recherche algorithmique, a atteint ses limites. Chaque requête retourne des centaines voire des milliers de réponses qui seront elles mêmes différentes en fonction du moteur de recherche utilisé. Une manière d’améliorer la pertinence et de personnaliser les réponses est de faire appel à un réseau comme une communauté d’experts qui pourront guider les utilisateurs dans leur recherche. Un service que les internautes semblent apprécier. Yahoo affirme en effet que son moteur "social" devance Google dans des pays comme la Corée du Sud ou Taiwan, friands de recherches personnalisées.

Comment expliquez-vous la mode actuelle de la recherche dite coopérative ?

Allen Weiner. Ce n’est pas un phénomène nouveau. Amazon a d’ailleurs été l’un des premiers à faire appel à un aspect de cette recherche plus humaine en permettant à ses utilisateurs de donner leur avis sur le contenu (livres, musique, etc...) disponible à la vente, de faire recommandations, etc. La recherche coopérative, comme son nom ne l’indique pas forcément, existe grâce à la volonté des internautes de donner et de partager leur opinion avec le reste d’une communauté. En "balisant" certaines pages Internet, en partageant leurs marque-pages ou en laissant des commentaires. N’oubliez pas aussi que l’algorithme PageRank de Google est un autre exemple des premiers pas de cette recherche coopérative : à la base, PageRank comptabilise le nombre de liens pointant vers une page Web. Plus il y a de liens vers cette page, plus le classement de celle-ci s’améliore dans les résultats d’une requête. Or ces liens étaient créés par des humains, du moins au début, et non par des machines.

La recherche coopérative va-t-elle remplacer la recherche algorithmique ?

Je ne crois pas. Les deux types de recherche sont importants et complémentaires. La recherche algorithmique permet d’être exhaustif en s’appuyant sur l’indexation de millions de pages Web. C’est un point de départ. En revanche, la recherche algorithmique ne tient pas compte du contexte dans lequel la question est posée. Un élément que seule aujourd’hui la recherche coopérative ou humaine est capable de vraiment comprendre. Par ailleurs, il est aussi intéressant de noter que les requêtes des internautes comportent aujourd’hui plus de mots, signe que les gens sont à la recherche de réponses plus complexes, plus profondes, plus pertinentes. Mais de son côté, la recherche coopérative comporte aussi des risques de subjectivité que les différents moteurs devront résoudre avant que les utilisateurs ne fassent vraiment confiance aux réponses coopératives.

Justement. Comment faire le tri entre les bonnes et les mauvaises réponses des outils de recherche coopératifs ?

Comme pour la recherche algorithmique, les moteurs devront développer des techniques automatiques pour éviter la fraude ou le spam, et s’assurer de la qualité des réponses. Dans le cas de la recherche coopérative, il est important de développer un mécanisme qui détermine l’autorité, la valeur et la fiabilité des "experts" humains à l’origine de ces informations. Comme le fait eBay pour évaluer ses vendeurs et ses acheteurs ou les sites de vidéo sur Internet comme YouTube. Mais pour vraiment permettre à la communauté des utilisateurs de s’autoréguler, il est important que les moteurs proposent des outils efficaces et simples permettant de dénoncer une erreur ou un fraudeur. Comme le fait aujourd’hui Craigslist pour sa communauté, et nombres d’autres sites.

Quels sont les moteurs de recherche qui proposent aujourd’hui les deux types de recherche ?

Ask.com a été l’un des premiers à faire appel à la communauté des internautes pour fournir des réponses. Yahoo, avec Answers, est aujourd’hui le plus populaire puisqu’il est ouvert à l’ensemble de ses 500 millions d’utilisateurs. Tandis que Google, avec Co-Op, a choisi de limiter son service à un groupe restreint "d’experts" même si, en interne, on m’a confirmé que Co-Op est aussi capable d’accepter des réponses provenant du grand public. J’ai trouvé aussi très intéressant que parmi les réponses d’une recherche algorithmique lancé sur Google, on puisse trouver des résultats provenant des réponses "coopératives" des utilisateurs de Yahoo Answers !

Source :LExpansion.Le 09/06/2006.Auteur :par Jean-Baptiste Su


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