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ADSL 2+ : que faire avec autant de mégabits ?

Emilie LEVEQUE, JDN

vendredi 11 mars 2005, par Collecte CND R.L

Avec 25 Mbit/s de débit en réception et 2 Mbit/s en émission, les usages du Web et les services en ligne sont débridés. Un rêve pour les applications vidéo, l’échange de fichiers et le téléchargement.

La vague du "très haut débit" a débarqué en France, sous le nom générique d’ADSL 2+. Le 15 octobre 2004, l’Autorité de régulation des télécommunications (ART) donnait son feu vert pour le lancement de cette nouvelle génération d’ADSL, qui dope les débits jusqu’à 25 Mbit/s en réception et 2 Mbit/s en émission.

Comme de coutume, c’est Free qui a dégainé le premier en proposant le 20 octobre dernier à une partie de ses abonnés en zone dégroupée un accès Internet de 15 Mbit/s en réception (données IP, 20 Mbit en données ATM) et de 1 Mbit/s en émission.

Après Tiscali qui propose également du 20 Mbits/s, tous les FAI maîtres de leur réseau dégroupé devraient lancer des offres similaires au cours de l’année 2005, poussant l’Internet grand public toujours plus loin dans la course du haut débit.-----

Il n’est d’ailleurs pas incongru d’imaginer pour demain une offre à 45 Mbits/s en descente grâce au quadruplement de la bande de fréquence de l’ADSL classique (technologie "Quad spectrum"), comme c’est déjà le cas au Japon.

D’ici là, il s’agit d’abord de savoir que faire de 15, 20, voire 25 Mbit/s. Une chose est certaine : avec de tels débits, les usages du Web ne devraient plus avoir peur du poids des éléments à télécharger. Ce nouveau confort devrait s’accompagner d’une diversification et d’un enrichissement de la gamme de services compatibles ADSL 2+. Tour d’horizon de ces futures applications.

Optimisation du websurfing et du téléchargement Première certitude : l’ADSL 2+ va donner un coup d’accélérateur au surf sur Internet. Comme le haut débit par rapport au bas débit a accru le temps de connexion, cette nouvelle croissance de la vitesse devrait avoir le même effet.

Un débit supérieur plaide en effet en faveur d’une meilleure fluidité et d’une plus grande rapidité de la navigation. Finie l’attente pour afficher des pages Web, mêrme les plus lourdes.

Il sera également possible d’émettre en continu à partir de sa webcam, d’envoyer et de recevoir des courriers électroniques sans se soucier de la taille des pièces jointes (à condition que votre service de messagerie le permette), ou encore d’enrichir les blogs de contenus multimédias.

Et à ce jeu, la fonction qui sera probablement la plus plébiscitée est le téléchargement. L’ADSL 2+ offre la possibilité de télécharger des contenus multimédia entre quinze et trente fois plus vite qu’auparavant. Une promesse qui risque d’encourager le téléchargement illégal de fichiers sur les réseaux de peer-to-peer.

Eventualité d’autant plus dommageable pour les industries du disque et du cinéma que la rapidité en réception permettra de télécharger des fichiers plus lourds qu’à l’heure actuelle, et donc de meilleure qualité (qualité DVD par exemple). A moins, bien sûr, que les offres légales payantes de musique et de vidéo sur Internet ne parviennent à convaincre les internautes de leurs avantages.

Convergence des univers télécoms et médias De par l’important débit qu’elle met à disposition des internautes, l’ADSL 2+ transforme le cuivre téléphonique en concurrent réel du câble, satellite, voire de la très prochaine télévision numérique terrestre (TNT).

En effet, les flux vidéo compressés en Mpeg-2 s’octroient jusqu’à 3,5 Mbits/s de bande passante. L’ADSL actuel, même poussé à son maximum (8 Mbits/s), ne permet donc pas de regarder la télévision avec un niveau de qualité sonore et visuelle irréprochable.

Il ne permet pas non plus de recevoir simultanément plusieurs chaînes différentes ou de bénéficier d’images en haute définition (TVHD). L’ADSL 2+, si.

A l’image de l’enregistreur vidéo numérique américain TiVo, qui compte déjà plus de deux millions d’utilisateurs, les FAI pourraient très prochainement proposer à leurs abonnés de regarder plusieurs chaînes simultanément et d’enregistrer des programmes sur le réseau IP, en concurrence directe avec les systèmes Platinium et Pilotime des bouquets satellitaires TPS et Canalsatellite.

25 Mbit/s en réception, c’est également le débit nécessaire pour que les services de vidéo à la demande (VoD), qui permettent de visionner un film en streaming, prennent leur essor. Reste pour les acteurs français (FAI, prestataires spécialisés et professionnels du cinéma) à s’accorder sur les questions de droits d’auteurs et de chronologie des médias (lire l’article du 12/01/05).

La téléphonie à valeur ajoutée

Si la téléphonie sur IP (VoIP) utilise peu de bande passante, la visiophonie est plus gourmande. L’ADSL 2+ devrait permettre le développement de ce type d’application.

A l’instar de ce que propose déjà Wanadoo, la visiophonie permet de dialoguer, son et image à l’appui, avec différents interlocuteurs. Bien qu’utile pour le grand public, ce service est surtout promis à un bel avenir auprès des entreprises. Le très haut débit va ainsi permettre d’enrichir la palette des outils collaboratifs : webconférence, e-mails vidéo, etc.

Délocalisation du stockage informatique

La rapidité accrue des délais de téléchargement de données prend également sens dans le cadre de la gestion des fichiers sur disque dur.

En effet, avec des débits proches des 25 Mbit/s, télécharger des fichiers en HTTP ou FTP sera perçu comme quasiment immédiat.

Plus besoin de conserver sur son disque dur des logiciels et autres applications quand on peut y accéder de manière tout aussi immédiate en ASP. Dans cette optique, l’utilisation de sites Web comme hébergeurs de données devient possible et les principaux éditeurs, à l’image de Microsoft, réfléchissent à la possibilité de proposer au grand public des bureaux virtuels, accessibles par abonnement.

C’est déjà le cas pour la plupart des sites de développement de photos numériques qui proposent de créer et de gérer un album photos en ligne.

A terme, la possibilité pour l’utilisateur de gérer à distance l’ensemble de ses dossiers et fichiers via un espace de travail virtuel, délocalisé sur un ou plusieurs sites Internet, ne paraît pas incongrue.

Un enjeu de taille qui explique en partie la bataille que se livrent Google, Yahoo et Microsoft via le lancement de logiciels permettant d’effectuer des recherches à la fois sur disque dur et sur le Web.

Nouvelle opportunité pour les jeux en réseau Avec l’ADSL 2+, les débits en réception ne sont pas les seuls à augmenter. Passant de 128 Kbit/s à 1, voire 2 Mbit/s, les débits en émission apporteront de réels gains de temps dans l’échange de fichiers en direct.

Un confort dont bénéficieront en premier lieu les joueurs en réseau, grâce à l’augmentation de la bande passante et du ping.

De quoi favoriser le développement du phénomène des jeux "massivement multijoueurs", qui permettent aux joueurs de s’affronter en temps réel sur Internet via une console connectée, comme Xbox Live de Microsoft.

Le très haut débit offre donc des applications plus alléchantes les unes que les autres. L’ADSL 2+, c’est plus de tout et en mieux.

En théorie. En réalité, le signal ADSL 2+, comme son prédécesseur, subit un affaiblissement proportionnel à la distance parcourue depuis le commutateur téléphonique équipé.

Concrètement, il faut résider à moins de trois kilomètres d’un central téléphonique pour bénéficier de la puissance optimale des débits. Donc des nouveaux usages. Ce qui réserve son utilisation aux zones densément peuplées.


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