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Accessibilité Web : les solutions se structurent

lundi 16 mai 2005, par Collecte CND R.L

Comment s’assurer qu’un site Web ne laisse personne sur le bord du chemin ? Quelles fonctions activer pour le rendre accessible le plus largement possible, y compris aux handicapés ou aux internautes dotés de configurations particulières ?

Concept lancé par le W3C, l’accessibilité Web plaide pour des sites capables de s’adapter potentiellement à n’importe quel type d’handicap physique, notamment visuel et auditif.

Mais également aux différentes configurations matérielles et logicielles dont peut faire l’objet un terminal Internet - de la taille de l’écran en passant par le navigateur choisi et l’accès (bas ou haut débit).

Une première législation a été adoptée le 11 février dernier. Ce texte veut promouvoir "l’égalité des droits et des chances, et la participation et la citoyenneté des personnes handicapées".

Il stipule notamment que "les services de communication publique en ligne des services de l’Etat, des collectivités territoriales et des établissements publics qui en dépendent doivent être accessibles aux personnes handicapées" (Article 47).

Les sites publics disposeront d’un délai de trois ans pour se mettre en conformité, après la publication du décret d’application -qui devrait intervenir d’ici l’été. Les intranets et les extranets sont également concernés. "Les appels d’offres publics se multiplient actuellement dans ce domaine", constate Lhorens Marie, Directeur Web et Technologies chez Cosmosbay-Vectis.

"On note que les collectivités territoriales et locales (conseils généraux et mairies) désirent souvent aller plus loin que le cadre légal, avec pour volonté de répondre au mieux aux citoyens."

Mais cette première législation pourrait s’élargir dans l’avenir pour englober l’ensemble des sites Web, y compris privés. Ce qui est d’ailleurs déjà le cas dans d’autres pays européens, en particulier en Angleterre.

"De plus en plus de sociétés nous demandent de réaliser des études d’opportunité", reconnaît Manuel Ferly, Manager du Studio SQLI. Ces missions concernent également le champ des intranets et des applications, les entreprises se devant en principe déjà de respecter un certain quota de salariés handicapés."

Parmi les groupes ayant engagé des réflexions, on compte Aventis-Sanofi, mais également BNP Paribas et Groupama. "Les premiers signes d’une volonté d’élargissement de la législation commencent à se faire sentir", prévient-on chez Cosmosbay-Vectis.

"Le 15 janvier dernier, la secrétaire d’Etat aux personnes handicapées, Marie-Anne Montchamp, a annoncé la volonté de lancer des négociations visant à faciliter l’accès des services bancaires et d’assurance aux handicapés."

Toujours pas de certification officielle...

Pour apporter un premier cadre de travail aux chantiers publics, l’ADAE (Agence pour le développement de l’administration électronique) a publié un référentiel de bonnes pratiques, basé sur les principes généraux du W3C (WCAG), qui vise à spécifier les conditions d’accessibilité d’un site, et rendre ainsi cet élément mesurable par le biais d’indicateurs.

Selon ce document, un écran doit notamment être correctement structuré pour assurer sa compatibilité avec tout système de navigation, jusqu’aux interfaces de synthèse et de commande vocale et aux plages brailles exploitées par les non-voyants.

Cette structure assure également la lisibilité des sites pour les utilisateurs malvoyants, qui doivent avoir la possibilité par exemple de limiter leur lecture aux titres ou aux sous-titres - le tout paramétrable dans une certaine taille de caractère et une couleur adaptée à la sensibilité oculaire du lecteur.

Principaux enjeux observés par les deux acteurs au fil des projets : la nécessité de développer la formation des maîtrises d’ouvrage (MOA) qui restent encore assez peu sensibilisés.

Mais aussi fixer un mode de contrôle. "Il n’existe pour l’instant aucun dispositif de certification officiel. Seuls des labels privés ont été mis en place, tels que AccessiWeb", reconnaît Lhorens Marie.

Principale piste évoquée : le projet EAM supporté actuellement par la Commission européenne, "démarche qui pourrait être appliquée au niveau français".

"Si elles sont prises en compte dès la phase d’analyse d’un projet de nouvelle application, les fonctions d’accessibilité ne coûtent pratiquement rien", assurent en choeur les responsables de SQLI et de Cosmosbay-Vectis.

Mais, regrette Lhorens Marie, "de nombreux fournisseurs de solutions de gestion de contenu doivent encore mettre à jour leurs offres pour facilier le mouvement dans le cas de sites existants".


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