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Des robots scanners pour numériser les bibliothèques européennes

Laurent Campagnolle , 01net

jeudi 19 mai 2005, par Collecte CND R.L

Infotechnique inaugure un centre capable de numériser des millions de pages issues de documents papier. Dans sa ligne de mire, les projets de numérisation des grandes bibliothèques européennes.

En annonçant son projet Google Print en décembre 2004, Google a suscité l’émoi dans l’univers habituellement feutré des bibliothèques.

Le moteur de recherche américain annonçait en effet vouloir investir 150 à 200 millions de dollars dans les prochaines années, afin de numériser et indexer d’importants volumes d’ouvrages.

En ligne de mire, Google vise tout ou partie des fonds de bibliothèques (Oxford, Michigan, Stanford, Harvard et la New York Public Library) ou d’éditeurs anglo-saxons, soit 15 millions de livres représentant environ 4,5 milliards de pages.

L’Europe a depuis réagi , par la voix de plusieurs hauts responsables comme Jacques Chirac ou Jean-Claude Juncker, actuel président de l’Union européenne.

32 millions de pages numérisées C’est dans ce contexte qu’Infotechnique, une filiale de Getronics spécialisée dans la gestion électronique des documents, notamment pour le compte de l’Union européenne, vient d’inaugurer Eurodema (pour « Europe dématérialisation ») à La Walck, à 40 kilomètres de Strasbourg. Le premier contrat d’ampleur engrangé par ce centre porte sur la numérisation des 32 millions de pages issues des livres d’actes notariés accumulés en Alsace-Moselle depuis plus d’un siècle.

Montant de l’addition : 23 millions d’euros, facturés au Gilfam, le groupement d’intérêt public constitué par les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle. Étalé jusqu’en février 2008, ce projet prévoit le traitement de 500 Go de données par jour.

Soit au final 1344 tonnes de papier manipulées par des robots scanners, 392 000 kilomètres de navettes parcourus par les livres entre leur lieu de stockage et l’ancienne usine Adidas reconvertie en chaîne de numérisation, et près de 1,2 milliard de caractères structurés en XML... IBM se chargera pour sa part de la mise en ligne des données ainsi dématérialisées.

Une première version de consultation devrait a priori être accessible aux notaires et surtout aux 46 bureaux fonciers de la région qui gèrent aujourd’hui les inscriptions manuscrites sur les livres d’ici à la fin d’année.

À quand le tour des bibliothèques ?

Infotechnique s’estime donc prêt à collaborer avec les bibliothèques européennes qui souhaiteraient numériser une partie de leurs fonds.

« Nous sommes déjà en relation avec la Bibliothèque nationale de France et le ministère de la Culture à ce sujet », indique Christophe Rouesné, ingénieur d’affaires chez Infotechnique.

L’Union européenne devrait allouer 60 millions d’euros à ces projets censés marquer « la profonde richesse des bibliothèques et le savoir-faire technologique que possèdent les Européens pour la numérisation des oeuvres », comme le soulignait le président de la République française le 2 mai dernier.

Le lendemain, la Commission européenne enfonçait le clou, annonçant qu’elle allait « recommander aux États membres de l’Union de stimuler la numérisation du patrimoine ».

Quelques années après que Corbis, une entreprise détenue personnellement par Bill Gates, ait mis la main sur des stocks mondiaux d’images, la privatisation des sources numériques reste, on le voit, un sujet sensible sur le Vieux Continent.


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