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La Bulgarie heureuse d’échapper à la liste noire du piratage intellectuel

Par Par Diana SIMEONOVA

mercredi 1er juin 2005, par Collecte CND R.L

La Bulgarie, montrée du doigt il y a quelques années pour piratage intellectuel, se félicite d’échapper désormais à la liste noire américaine, grâce à des mesures d’urgence pour la protection des logiciels, films et musiques sur l’internet.

"Nous avons adopté récemment plusieurs mesures draconiennes qui ont porté leurs fruits. Sinon, nous étions sûrs d’entrer dans la liste noire" des pays pirates a déclaré mardi à l’AFP le secrétaire général du ministre de l’Intérieur, le général Boïko Borissov.

L’alliance internationale de la propriété intellectuelle (IIPA) avait recommandé le placement de la Bulgarie dans la "liste de surveillance prioritaire" établie chaque année par le représentant commercial des Etats-Unis.

Toutefois, relèvent les autorités bulgares, le rapport américain publié vendredi dernier n’a pas tenu compte de cette recommandation, contrairement à 14 pays dont la Chine, la Russie, l’Inde, l’Argentine et Israël mis sur la liste prioritaire 2005 et qui risquent des sanctions commerciales américaines.

Cependant la Bulgarie, comme la Roumanie, la Hongrie et 33 autres pays, reste placée sous "observation".

Sofia avait quitté en 1998 la liste surveillance prioritaire grâce à des mesures draconiennes pour démanteler la production de CD pirates. "Des CD et DVD pirates sont aujourd’hui illégalement importés" mais plus produits localement, affirme Guéorgui Damianov, directeur des droits d’auteurs au ministère de la Culture.

Les autorités bulgares ont lancé ces dernières semaines "le 2e épisode" de leur campagne anti-piratage, en visant cette fois-ci la distribution illégale de films, musique, jeux et logiciels sur l’internet.

"L’espace internet bulgare est une sorte d’hyper-télévision pirate qui transmet 24 heures sur 24", constatait le journal Dnevnik il y a quelques mois.

De fait, les utilisateurs bulgares d’internet n’allaient plus au cinéma et n’achetaient pas de musique, grâce à une douzaine de serveurs d’accès gratuit pour télécharger pratiquement tout, d’une image ou MP3 jusqu’à un film de 700 megabytes.

Le gouvernement a cependant imposé début avril un nouveau règlement aux serveurs d’accès gratuit, les obligeant à réduire la recherche à des fichiers de moins de 100 megabytes et à interdire le téléchargement de MP3.

Les experts sont pourtant loin d’être tous convaincus de l’efficacité de ces mesures, face à l’ingéniosité des pirates.

Ainsi, le Service national de lutte contre la criminalité organisée a négocié mercredi avec les propriétaires de serveurs une limite de 3 megabytes par utilisateur, tout en leur faisant promettre de s’affranchir de toutes les donnés sans licence dans le délai de quatre mois.

En attendant, les utilisateurs trouvent des moyens pour contourner les règles. Le plus répandu reste le logiciel "peer to peer" qui permet de télécharger du logiciel d’un autre utilisateur sans passer par un serveur.

L’interdiction des serveurs gratuits a été accueillie avec colère et défi par les internautes concernés.

"Si les flics s’imaginent que les Yankees leurs taperont sur l’épaule pour avoir arrêté les serveurs gratuits !", écrit un anonyme sur le forum "chat" de data.bg.


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