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e-Commerce : 2005, l’année des grandes manoeuvres

Anne-Laure BERANGER

vendredi 16 décembre 2005, par anass


Si 2004 a été pour l’e-commerce l’année de la continuité et du renforcement des positions acquises, 2005 restera sans nul doute, du moins en France, celle des grandes manoeuvres en vu des développements futurs et de la consolidation du marché. Car si la progression des ventes en ligne se maintient, elle commence à s’essouffler quelque peu de ce côté ci de l’Atlantique.

Certes, le taux de croissance des ventes en ligne en France reste encore, et de loin, supérieur à celui des Etats-Unis. Alors que sur les neuf premiers mois de l’année, l’US Census Bureau annonce une hausse de 28 % de l’e-commerce, l’Acsel affiche, pour l’Hexagone sur la même période, une progression de 50 % des ventes en ligne, tandis que la Fevad enregistre une augmentation de 40 % sur les neuf premiers mois de 2005. De bons chiffres donc, mais qui d’une année sur l’autre, maturité du marché oblige, fléchissent. Sur l’ensemble de l’année 2005, Benchmark Group anticipe en effet une croissance du commerce électronique de 35 % contre 44 % en 2004.

De fait, les marges de progression des e-commerçants français se réduisent et la concurrence se fait de plus en plus rude. Parallèlement, pour pouvoir proposer des tarifs attractifs en négociant des prix d’achat avantageux, la plupart des e-commerçants sont contraints de grossir et de trouver de nouvelles ressources financières pour asseoir leur croissance future qui demandera de moyens autrement plus importants que ceux déployés jusqu’à présents. Cette tendance a été particulièrement sensible dans l’un des secteurs les plus dynamique du e-commerce, le secteur high tech.

Pour financer sa croissance en Espagne et en Italie, deux marchés à fort potentiel, Rue du Commerce s’est introduit sur l’Eurolist le 29 septembre 2005, pour lever 10 millions d’euros. Grosbill, autre pure player sur le secteur informatique, a finalement opté pour l’adossement à un groupe industriel, en l’occurrence Auchandirect, pour assurer sa croissance dans les années à venir. Même chose pour MistergoodDeal qui a été racheté le 16 novembre 2005 par le groupe M6.

Cet exercice n’a toutefois pas profité à tout le monde. Faute de trésorerie et de repreneur, Nomatica, s’est mis en cessation de paiement après trois années de rentabilité successives (2000 à 2003), et a été placée, le 2 décembre dernier, en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Toulouse. Objectif : trouver un repreneur industriel d’ici à la fin du mois de janvier 2006.

De son côté, LDLC, qui a également connu un exercice 2004-2005 difficile puisque son résultat d’exploitation ressort en baisse de 5,5 %, à 3,4 millions d’euros sur cette période, continue à se diversifier. Après avoir lancé en mars 2005, une enseigne généraliste spécialisée dans la téléphonie, la hifi, la vidéo et le home-cinéma baptisée Digifox.com, LDLC récidive en décembre en lançant Dealtonic, un site de vente privée et de mode.

Autre secteur phare frappé par les consolidations : celui du voyage. Opodo, filiale du GDS Amadeus, a racheté coup sur coup le groupe Karavel-Promovacances, en février 2005 pour 60 millions d’euros, et Vivacances, un site qui jusqu’à présent appartenait à égalité à Amadeus et au groupe Galeries Lafayette.

Autre grande tendance révélée en 2005 en matière d’e-commmerce : l’explosion du commerce entre particuliers (CtoC). En juin dernier, une enquête réalisée conjointement par la Fevad et Médiamétrie soulignait la forte croissance du CtoC. Selon cette étude, près de quatre internautes français sur 10 (39,4 %) déclaraient avoir utilisé, dans les six derniers mois, des sites permettant de mettre en relation acheteurs et vendeurs.

Un succès que traduit l’audience d’eBay, qui au troisième trimestre était le premier site de e-commerce français, avec 8,52 millions de visiteurs uniques selon Médiamétrie. Autre succès story, PriceMinister. Classé huitième site de commerce électronique au troisième trimestre, avec 5,1 millions de visiteurs uniques, la place de marché de produits neufs et d’occasion a réussi à se hisser à ce rang grâce à une politique de diversification intense (en plus des produits culturels, le site propose de la téléphonie mobile, des produits informatiques, de la photo/vidéo numérique, de l’image et du son, de l’électroménager, des voyages, des jouets, du textile, des collections, de l’automobile) et à un tour de table de 7 millions d’euros bouclé en février 2005.

Enfin, 2005 a été marqué par trois autres phénomènes, moins importants, mais tout aussi significatifs pour l’évolution du commerce électronique. Le premier est le lancement par quelques marques de luxe telles que Dior, Vuitton ou encore Jacomo, de leur boutique en ligne. Le deuxième est le retour en force sur le Net de la grande distribution. Moins au travers de la distribution alimentaire qui n’a pas encore trouvé son rythme de croissance, que via de nouveaux projets tels que le rachat de Grosbill pour le groupe Auchan et un nouveau chantier pour Carrefour qui devrait démarrer en mars 2006. Enfin, le tableau ne serait pas complet sans la noria de sites de petites entreprises. Selon Powerboutique et l’Acsel, cet ensemble a enregistré une croissance de 153 % de son chiffre d’affaires sur un an au troisième trimestre 2005.

Autant de tendances qui devraient déboucher sur de nombreux défis en 2006. Le premier d’entre eux concernera la gestion de la croissance. Il révèlera la capacité des e-commerçants à gérer l’équilibre financier de leur société en même temps que son développement tant en terme d’acquisition, que de diversification et d’internationalisation. Le deuxième a trait, comme les FAI aujourd’hui, à leur capacité à gérer correctement la relation client et notamment les réclamations, ainsi que les retours. Au delà, le mouvement de concentration déjà à l’oeuvre devrait continuer dans les secteurs les plus concurrentiels. Enfin, de profondes innovations en terme d’ergonomie, notamment au niveau de la présentation des produits, devraient se poursuivre parallèlement au développement du haut débit et de la vidéo

Source :Le journal du net.Le 16/12/2005. Anne-Laure BERANGER


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