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Al Akhawayn parie sur les TIC et le développement

Rachid Jankari

mercredi 21 décembre 2005, par anass


Al Akhawayn parie sur les TIC et le développement

L’Université Al Akhawayn dispose de l’un des laboratoires les plus dynamiques dans le ICT4D (Information and Communication Technology For Development). Menara a rencontré Driss Kettani, responsable de ce laboratoire pour en savoir plus sur ses travaux dans l’egov, e-transport et le e-tourisme.

Menara : Quelle est la vocation de votre laboratoire e-Technology ?

Driss Kettani : Le E-Technology lab (eTech) est un laboratoire de l’Université Al Akhawayn destiné à l’encouragement de l’appropriation des TIC et de leur utilisation comme moteur pour stimuler le développement durable. A la différence des autres centres de recherches, le nôtre est spécialisé dans les TIC pour le développement (ICT4D). C’est un nouveau modèle d’exploitation technologique que nous proposons et que nous efforçons de le disséminer à travers tout le pays. Un modèle qui estime que la technologie doit être mise, en premier lieu, au service de la société dans ses besoins au quotidien et dans ses stratégies de développement socio-économiques. L’adoption et la mise en oeuvre de ce modèle est notre seul rempart contre la fracture numérique qui nous guette de plus en plus sérieusement.

Concrètement, nos projets de recherches sont axés sur trois principaux domaines, directement alignés avec les priorités du gouvernement : la réforme de l’administration publique, que nous accompagnons avec un notre projet sur le gouvernement électronique (egov), le tourisme (vision Maroc 2010) que nous soutenons à travers un projet de e-tourisme, et le secteur de transport pour lequel nous avons développé toute une plateforme de e-transport.

L’équipe du laboratoire est composée de trois enseignants Ph.D, 6 ingénieurs de recherches, dont 4 spécialistes en TIC et deux en sciences sociales, quelques lauréats titulaires d’une maîtrise et beaucoup d’étudiants en cours de préparation de leur mastère ou leur bachelor.

Menara : Quels sont les projets en cours d’incubation au sein de votre laboratoire en matière du e-gov ?

Le laboratoire a déjà à son actif un grand projet d’envergure international, le projet e-Fès qui a bénéficié d’un financement du centre canadien de recherches pour le développement international (CRDI). Ce système déployé au niveau de l’arrondissement Fès-Agdal automatise les procédures et démarches administratives du bureau d’état civil de bout en bout. Il permet, d’une part, aux fonctionnaires de ce bureau de tirer bénéfice des NTIC en simplifiant la saisie et l’exploitation de la base de données relatives aux registres des citoyens. D’autre part, il permet aux citoyens un accès facile, transparent et efficace aux services de l’état civil.

En parallèle, un portail innovant d’information de proximité a été mis en place (www.portaildefes.ma) pour cet arrondissement. Il permet, entre autres, de connaître avec précision les rôles des services et des personnes au sein de l’arrondissement Fès-Agdal.

L’étape suivante dans notre démarche est la généralisation du système eBaladiya à tous les arrondissement de la wilaya de Fès et au niveau national. D’ailleurs, des conventions de coopération dans ce sens ont été signées entre Al Akhawayn et les provinces de Larache, ElHajeb et Ifrane pour les faire bénéficier de ce système.

Menara : Qu’est ce que vous comptez faire pour encourager la généralisation de l’expérience e-baladiya au niveau national ?

Prévoyant une demande massive pour ce système au sein des différentes collectivités et arrondissements du pays, mon équipe de recherche s’apprête à boucler une « carte de route » qui permet de dupliquer rapidement cette expérience dans d’autres villes marocaines tout en tenant compte de leurs spécificités locales et régionales. Cette "carte de route’"est un document a valeur scientifique puisqu’il a était approuvé par le célèbre journal « The American Journal of eActivities », qui est un haut lieu de publication de découvertes scientifiques dans ce domaine.

Menara : Qu’en est-il de vos projets dans le domaine du e-transport ?

Le transport est l’un des vecteurs majeurs de développement dans notre pays. Il contribue à hauteur de 6% dans le produit national brut et il est impliqué directement ou indirectement dans plus de 15% des recettes de l’état. Malheureusement, ce secteur souffre de dysfonctionnements majeurs qui se répercutent directement sur la qualité du service et sur la sécurité routière. La route tue au Maroc plus de 10 morts par jour et cause plus de 40.000 blessés graves chaque année. Notre projet de R&D dédié au e-transport inclut quatre composants.

Le premier concerne l’aide à la répartition. En effet, en se basant sur la position géographique des unités et en tenant comptes de certaines contraintes (distances, nature de la cargaison, lieu actuel de l’unité, profile du chauffeur, état mécanique du camion, commandes à satisfaire, etc.).

Le second module est le guidage. Il permet de décrire le trajet optimal tel que produit par le sous-système de répartition. Le trajet identifié est dicté au conducteur, au fur et à mesure que le processus de livraison progresse, en langage naturel (Arabe dialecte).

Le troisième axe du projet e-transport a trait à l’aide à la conduite. Ce module d’aide intervient en situation de conduite en fournissant aux chauffeurs de camions les conseils pertinents pour une meilleure conduite et en leur proposant le comportement à tenir selon les paramètres actuels de la route (signalisation, caractéristiques géométriques, danger, etc.).

Enfin, le quatrième projet est relatif au suivi de la conduite. Ce module vise à encadrer les conducteurs et à faire le suivi avec eux relativement à leur comportement durant le processus de conduite. Ainsi l’on pourra savoir si un conducteur en particulier a commis des infractions au code de la route, s’il a suivi les instructions initiales par rapport à l’itinéraire, s’il a oublié une règle légale par rapport aux horaires de conduite et au comportement à tenir relativement au type de marchandise transportée, etc.

Menara : Vous avez déjà initié des projets dans le e-tourisme avec la ville d’Ifrane et la province de Larache. Ou en est de l’évolution de ces chantiers ?

Pour l’accueil des 10 millions de touristes prévus pour 2010, le développement et la construction d’infrastructures hôtelières, de restaurants, de musées ou encore d’autoroutes est certes nécessaire, mais cela n’est pas suffisant. Il est en fait indispensable d’accompagner l’effort au niveau de l’infrastructure de base à l’amélioration de l’utilisation et de l’accès aux TIC.

Dans ce contexte, notre laboratoire en collaboration avec les provinces d’Ifrane et de Larache a développé un projet global de eTourisme dans le but principal de permettre à n’importe qui, n’importe où et quand, parlant n’importe quelle langue et utilisant n’importe quel périphérique de connectivité d’avoir instantanément de l’information touristique sur Larache et/ou Ifrane et leur région, de réserver un hôtel, d’organiser un itinéraire de voyage et, pourquoi pas, de connaître dans quel restaurant on sert le meilleur couscous dans la ville.

Le projet eTourisme repose sur une stratégie globale de eMarketing qui se base sur le concept de ‘one stop portal’ permettant aux touristes d’effectuer la démarche logistique de préparation de leur voyage à domicile pour être indépendant et autonome pendant leur séjour au Maroc et moins vulnérable aux problèmes classiques du tourisme (arnaque, harcèlement, services/produits médiocres, etc.). En effet, plusieurs études démontrent que l’Internet remplacera ‘l’agence de voyage’ et que les destinations les plus prisées et les plus ‘achetées’ seront celles qui dispose d’atout touristique conventionnel (balnéaire, culturel, romantique, etc.), mais aussi et surtout qui sont accessibles par simple clique.

Bio-express de Driss Kettani :

Après un long séjour de 12 ans au Canada , Driss Kettani a décidé de regagner le bercail pour rejoindre l’Université Al Akhawayn. Outre l’enseignement, M. Kettani a décidé de monter un laboratoire dédié à la recherche et développement et plus précisément le ICT4D. Pour en savoir plus sur les travaux et les publications de Driss Kettani, vous pouvez visitez son site web : www.aui.ma/ D.Kettani http://etech.aui.ma

Source : Ménara. le 20/12/2005.Rachid Jankari


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