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Débats sur les logiciels libres, les droits d’auteur et les bibliothèques à Montréal

wanda

vendredi 30 décembre 2005, par anass


Les Cogitateurs Agitateurs ont invité des acteurs de l’informatique libre, du livre et du patrimoine québécois à une soirée d’information et de discussion le 20 janvier 2005 à 18 heures au CRIM à Montréal.

Les bibliothèques constituent un moyen public de diffusion et de préservation du savoir essentiel. Puisque l’importance de ce rôle est largement reconnu, les bibliothèques font office d’unique groupe représentatif de l’intérêt public dont l’avis est pris en compte lors des consultations qui précèdent la rédaction des lois et des traités internationaux sur le droit d’auteur. Malgré cette représentation, les droits du public reculent à chaque nouvelle réforme depuis la création du copyright en 1710 en Grande-Bretagne, et ce, sans que les créateurs (à l’exception d’une infime minorité de vedettes et des grands monopoles sur la distribution au sein de l’industrie culturelle) y trouvent leur compte.

Les mêmes valeurs sont aux fondements de ces institutions et du monde du Libre : partage et diffusion du savoir et de la culture, accès démocratique à l’information, etc. Une collaboration plus grande entre ces deux groupes pourrait mener à l’adoption de nouvelles stratégies pour assurer au public que le savoir et la culture restent accessibles au public, sans discrimination économique et sans entrave sur l’accès à l’information.

Ce troisième Cogitarium représente le coup d’envoi d’un mouvement pour favoriser l’utilisation de l’informatique libre (logiciels, formats et protocoles) au sein de la Bibliothèque Nationale du Québec. Ce sera aussi l’occasion de sensibiliser la population à la réforme du droit d’auteur.

— - Article du 21 Janvier 2004 Par Dagrain Valérie

Introduction

Cette soirée organisée par Yannick Delbecque et Robin Millette, ont reçu Mr Alain Boucher, représentant de la Bibliothèque Nationale du Québec, Hugh Mc Guire, membre du CA d’une bibliothèque communautaire indépendante d’Atwater à Montréal, L.Bouchard, bibliothécaire et doctorant sur le thème du “Logiciel Libre dans les bibliothèques” ainsi que des représentantes d’autres bibliothèques universitaires de Montréal.

De nombreuses compagnies comme Red Hat, Mandrake, ce sont engagée dans la voie du « libre » car c’est en effectuant une mise en commun des ressources et en effectuant un travail collaboratif que les coûts diminuent et que l’on obtient un meilleur produit. « L’Afrique investi environ 24 milliards de $ en frais de licence » intervient Yannick Delbecque. Face à ces coûts rédhibitoires et aux investissements dans les logiciels propriétaires en terme de dépendance technologique, le « libre » représente une alternative aux pays du Sud. »

Après avoir rappelé la définition d’un logiciel libre et la création de la GNU/GPL par Richard Stallman, Y.Delbecque rappelle ce que le projet GNU a permis de développer : Trois libertés spécifiques y sont défendues. « Premièrement, la liberté de copier le programme et de le donner. Deuxièmement, la liberté de modifier le programme sans aucune contrainte, grâce à un accès complet au code source. Troisièmement, la liberté de distribuer une version améliorée et ainsi aider la communauté. »

Les interventions

« On a reçu comme mission d’archiver et diffuser les connaissances du Québec. De nombreux journaux, manuscrits...ont été numérisés. C’est le Québec entier qui est concerné » intervient Alain Boucher. « Nous projetons d’élargir aux publications universitaires (Laval, Montréal,Chicoutimi), l’Institut Polytechnique et HEC, puis le para public et le privé. » Soulignons que la bibliothèque va devenir le 22 avril 2005 la Bibliothèque et Archives Nationales du Québec (BANQ). (Ndr : Montréal a été désigné par l’UNESCO capitale mondiale du livre pour l’année 2005-06)

Hugh Mc Guire, représente une bibliothèque indépendante située à Atwater (Montréal) et qui possède un budget annuel de 300.000$. Le financement est issu des abonnements, des dons privés et une partie par le gouvernement. Les coûts liés aux logiciels et licences par an revient à 30.000$, soit 1/10 du budget. Installer des logiciels en open-source réduirait les frais à 10.000$ par an. Les logiciels libres nécessaire à la gestion des systèmes des bibliothèques comme KOHA, mais également PHP.PMB (France) ou Aventi (USA) permettrait de réduire les coûts.

Actuellement H. Mc Guire organise un projet avec Sylvain Carle de Linux Québec un des acteur du Libre sur Montréal. L’objectif serait de faire de la bibliothèque un centre d’information et de diffusion du logiciel libre auprès d’enfants issus de violences familiales. Il souhaite que le libre devienne un vecteur de projets et d’opportunité de faire rencontrer les enfants avec des acteurs du libre.

H.Mc Guire est particulièrement optimiste sur de telles initiatives : « la liberté d’information est le débat de fond, Wikipedia représente une avancée considérable. La MIT (Massachusetts Institute of Technology) commence à mettre à disposition l’intégralité de ces cours en ligne... Le rôle d’une bibliothèque est de permettre à tout citoyen d’avoir un droit d’accès aux informations et à la connaissance. Le logiciel libre permet d’augmenter la liberté des gens, d’accroître l’accès aux informations et l’esprit civique. »

Débats

Le tour de table a permis de révéler les souhaits de la plupart des bibliothécaires à s’investir dans du libre mais aussi beaucoup d’interrogations sur le droit d’auteur, l’interopérabilité, la pérennité de l’information.

Pour Y.Delbecque il apparait inconcevable que « pour lire un document sous format propriétaire les individus doivent obligatoirement posséder un système windows », alors qu’un format ouvert est utilisable partout et permet d’assurer la perennité du document. « Les logiciels du gouvernements devraient également être libre car autrement cela suppose que tous doivent être équipé Microsoft pour le lire ».

Le gouvernement devrait écouter les bibliothécaires, « actuellement une dizaine de bibliothèques utilisent du logiciel libre au Canada... et une cinquantaine en France », intervient H. Mc Guire.

« L’infrastructure logicielle de la bibliothèque est considérable. Nous avons des systèmes équipés de Sun solaris/Windows, des serveurs Linux, une base de donnée sous Oracle. Mais nous sommes un institut national donc on n’a pas droit à l’erreur sur le plan de la sécurité. Donc le libre n’est pas vraiment possible » explique Mr A. Boucher (Bibliothèque Nationale du Québec).

Ce sur quoi Y.Delbecque a réagi et a enchaîné : « Pourquoi choisissez-vous des formats de lecture audio propriétaire (comme real audio) pour accéder à certaines ressources de la bibliothèqe, alors qu’il existe le « ogg » comme format ouvert ? N’est ce pas aux bibliothèques d’expliquer aux auteurs que de toute façon les gens téléchargent. Pourquoi les bibliothèques possèdent des photocopieuses si ce n’est pas pour permettre d’accéder à des copies de documents ?. » On assiste a un recul des droits du public : « Les droits régressent et il parait nécessaire de s’investir dans ce débat pour expliquer aux gens où sont les vrais dangers du droits d’auteur. Il est nécessaire de sensibiliser les gens pour qu’ils utilisent le libre car ne connaissent pas les problématiques liés aux droits d’auteur. » « Face au « copyright » ce dresse le « copyleft » qui permet aux gens de donner, de redistribuer pour améliorer, c’est l’économie du don comme le fait la communauté scientifique contre le monopole des groupes editoriaux ».

Conclusion

La bagarre actuelle entre Microsft et GNU/Linux n’est qu’une des manifestations d’un conflit aujourd’hui plus global autour de la propriété intellectuelle, des droits d’auteur ou des brevets, qui oppose biens publics et biens privés, intérêt général et intérêts particuliers [1].

Pour finir sur le thème de la réunion « les bibliothèques et le logiciel libre », une citation de Jules Dupuit datant de 1861 : « Pour améliorer le sort de l’homme de lettres digne de ce nom, il faut répandre à profusion la bonne littérature ; Il faut que sa lumière, gratuite comme celle du soleil, éclairant et pénétrant les masses, forme un public capable de comprendre et d’apprécier ce qui est bien et ce qui est beau. Ce n’est pas en enfermant nos chefs-d’oeuvre dans les spéculations de l’intérêt privé qu’on y parviendra ».

— - [1]. La bataille du logiciel Libre, par Perline et Thierry Noisette, Edition La Découverte, Sur le vif, Octobre 2004. Chapitre 7 : Le Libre, un des champs de bataille de la propriété intellectuelle.

Sites Internet sur des actions et projets : Appel de Budapest 2002, Plos ( bibliothèque scientifique publique), Archimède, Projet Gutenberg.

Source :a-brest.le 23/01/2005 net.Par wanda


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