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Directives destinées aux services de bibliothèque,pour les sourds

John Michael Day

mardi 10 janvier 2006, par anass


Pour diverses raisons, la plupart des bibliothèques n’ont pas accordé un intérêt particulier à la fourniture de services pour les sourds. La surdité a été qualifiée, à juste titre, de " handicap invisible ", car il est difficile d’identifier les sourds par simple observation, d’autant plus qu’ils ont tendance à se fondre dans la masse. De surcroît, les personnes sourdes de naissance ou dès l’enfance ont souvent des difficultés de lecture, ce qui les dissuade de fréquenter les bibliothèques. C’est la raison pour laquelle les bibliothèques et les sourds souvent s’ignorent. Cependant, une part non négligeable de la population souffre de surdité, et les bibliothèques doivent veiller à ce que leurs collections et services soient accessibles aux sourds. De plus, elles doivent s’assurer que les sourds sont informés des services qui leur sont proposés.

La question principale soulevée à propos de la fourniture de services pour les sourds révèle que la communication demande souvent plus d’effort, des connaissances spécifiques, de la patience et des supports technologiques (si disponibles). Le complément de compétences requis en présence d’une personne sourde est, de manière générale, fonction du taux du déficit auditif et de l’âge auquel il est apparu (c’est-à-dire, l’âge d’acquisition). Pour bien comprendre les différences individuelles, il est essentiel de bien comprendre que l’âge d’acquisition peut être un facteur déterminant. En règle générale, plus la personne est âgée au moment où la surdité survient, plus elle est réceptive à la langue locale parlée ou écrite. En revanche, les personnes sourdes de naissance ou devenues sourdes avant l’acquisition du langage auront éventuellement une élocution difficile à comprendre ou n’utiliseront aucune langue parlée, et risquent de rencontrer des difficultés de lecture.

En raison de cette diversité et des différentes méthodes d’enseignement, les sourds ont souvent été classifiés et reclassifiés en diverses catégories avec toute une variété d’étiquettes. Les bibliothécaires doivent être conscients de cette différence et des débats sur l’éducation et sur la communication afin de pouvoir constituer des collections complètes et impartiales d’ouvrages se rapportant à la surdité, et d’autres ouvrages intéressant aussi bien les sourds que les entendants. Afin de mettre en place des programmes de bibliothèque pour les sourds, il est souvent utile de choisir un seul terme regroupant toutes les personnes concernées. C’est pourquoi le terme " communauté sourde " sera employée dans ce document, pour désigner l’ensemble des groupes suivants : ceux qui utilisent uniquement la langue des signes, les personnes qui utilisent la langue des signes et la langue écrite du grand public, les oralistes, les adultes devenus sourds, les adultes âgés qui ont des troubles d’audition, les personnes qui utilisent la langue minimale, les personnes qui entendent difficilement et les membres d’une famille dans laquelle il y a des sourds. Sont également inclus les professionnels qui sont en liaison avec les services pour les sourds. Voir " Communauté Sourde " au chapitre 4 " Définitions ".

Le plus souvent, les bibliothèques représentent l’unique source d’information impartiale. Elles ont donc la responsabilité de rassembler cette information et de la mettre à la disposition de leurs usagers sourds. Il faut noter, toutefois, que l’objectif principal de tout programme spécialisé destiné à la Communauté Sourde est de lui fournir un égal accès aux programmes et services que celui fourni aux entendants. Si la mise en place de programmes et de services spécialisés répond à la prise de conscience des besoins supplémentaires des usagers sourds, le programme spécialisé ne doit pas pour autant constituer leur seule expérience de bibliothèque.

Source : IFLA.Auteur :John Michael Day

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