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Mesurer la diversité linguistique sur Internet

John Paolillo, Daniel Pimienta, Daniel Prado et autres

mercredi 18 janvier 2006, par anass


L’UNESCO a mis en lumière le concept de « société du savoir », qui met l’accent sur la pluralité et la diversité, plutôt que sur l’uniformité généralisée, comme étant susceptible de réduire le fossé numérique et de donner naissance à une société de l’information inclusive. Le multilinguisme est l’un des thèmes importants que sous-tend ce concept, pour assurer une diversité culturelle et une participation de toutes les langues dans le cyberespace. Il existe une inquiétude croissante à l’effet que, dans la foulée des efforts de réduire le fossé numérique, des centaines de langues locales puissent être laissées de côté, bien que de façon non intentionnelle. Il en découle l’importance qui est accordée à la diversité linguistique et au contenu local dans le cadre d’une ligne d’action du Plan d’action du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) dont la responsabilité de la coordination a été confiée à l’UNESCO.

De plusieurs façons inattendues, l’enjeu de la diversité linguistique sur Internet se révèle au coeur du débat qui entoure la société de l’information. De prime abord, la question semble tourner autour des communautés qui utilisent Internet, leur permettant ainsi de se parler les unes avec les autres dans leurs langues maternelles, mais d’autres questions ne tardent pas à surgir. Par l’entremise de quels canaux la communication s’exprime-t-elle sur Internet ? La Toile mondiale s’apparente à une série de sources d’information générant peu d’interactivité. Les forums de discussions et le courriel permettent des échanges plus directs. Cependant, il existe trop peu de renseignements au sujet des langues utilisées dans les courriels ou les forums de discussion (consultez certains échanges sur ce sujet dans l’article de John Paolillo au chapitre 3, y compris les efforts de Sue Wright).

Mesurer la diversité linguistique sur Internet

Pour la plupart des chercheurs en analyse du langage, il faut par conséquent se tourner vers les pages Web. Dans ce domaine, comme dans toutes les formes de communications, nous devons prendre en considération les caractéristiques de l’auditoire. Une page Web ne pourra être lue que par des gens qui disposent d’un accès à Internet. Conséquemment, alors que la diversité linguistique pourrait bénéfi cier de l’existence de pages Web dans la langue « en voie de disparition » d’une tribu fort lointaine, très peu de gens les liraient car il est peu vraisemblable que les membres d’une tribu puissent disposer d’un accès à Internet. Par contre, des pages au sujet de la langue de la tribu rédigées dans une langue plus internationale pourraient jouer un rôle important en attirant l’attention sur la valeur culturelle de la langue visée et, possiblement, susciter un soutien pour le groupe linguistique dont il est question. De plus, il s’agirait d’une contribution à la préservation de langues en voie de disparition. Les articles de ce volume illustrent l’existence de nombreux problèmes techniques au niveau de l’évaluation de la diversité linguistique sur Internet. Nous pouvons facilement obtenir un compte aléatoire de pages sur Internet en utilisant un nombre quelconque de moteurs de recherche commerciaux, mais nous ne pouvons pas évaluer à quelle fréquence ces pages Web sont lues ou encore si la lecture d’une page a aidé le lecteur d’une façon ou d’une autre. Aussi il est nécessaire de s’assurer que les éléments qui font l’objet d’une recherche dans différentes langues possèdent une valeur, une signifi cation et une utilisation équivalentes (voir Pimienta).

Source :UNESCO.2005.Auteurs : John Paolillo, Daniel Pimienta, Daniel Prado et autres

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