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Intelligence économique,compétitivité et cohésion sociale

Bernard CARAYON

mardi 24 janvier 2006, par anass


L’intelligence économique devrait être une vraie et grande politique publique de l’Etat à l’instar de ce que sont les politiques de santé, d’environnement ou de fiscalité.

L’intelligence économique peut nous aider -Etat, entreprises, collectivités territoriales, associations et fondations- à promouvoir collectivement nos intérêts dans les nouvelles enceintes de régulation et de normalisation.

L’intelligence économique ne coûte rien, ou pour ainsi dire, pas grand-chose : son efficacité repose sur celle des réseaux, des circuits de l’information, sur la mobilisation des pouvoirs publics, l’élimination des conflits de chapelle et des cloisonnements, sur un peu de méthode. Sur la valorisation aussi de celui qui donne l’information et non de celui qui la retient, sur la compréhension par les administrations publiques des enjeux de l’entreprise et, pour l’entreprise, des priorités de l’Etat et donc de la Nation.

De l’intelligence économique nous pouvons attendre la protection de notre patrimoine scientifique et industriel, des gains de compétitivité et des parts de marché, une influence renouvelée dans le monde auprès notamment de tous ceux qui ne peuvent se résoudre à dépendre d’un fournisseur exclusif, mais aussi, dans les organisations internationales, auprès de ceux qui pourraient se désoler du contournement ou du refus des règles du droit international : hier celles de Kyoto, aujourd’hui celles de l’ONU, et demain, plus qu’hier peut-être, celles de l’OMC.

Une France plus riche, une France mieux protégée, une France mieux respectée. Une France qui partage aussi ses progrès avec ses alliés commerciaux, notamment européens, à l’aune de nos intérêts mutuels bien compris. Voilà quels doivent être les guides d’une grande politique publique d’intelligence économique, politique dont l’actualité internationale éclaire les enjeux et souligne les faiblesses de notre dispositif institutionnel et privé. Sans paranoïa ni panique, il est temps de réagir et, tout simplement, de réaliser « trois mariages et un enterrement » : le mariage entre les administrations publiques, le mariage entre le public et le privé et le mariage de l’information blanche avec celle qui l’est un petit peu moins... L’enterrement alors, sera, celui des naïvetés françaises !

Que cette politique soit nationale, décentralisée ou internationale, elle ne pourra s’épargner un effort de formation et d’information calibré à cette ambition et adapté à une certitude  : l’intelligence économique est un patriotisme économique. Je devine le sourire du lecteur à la découverte de ces mots. Que notre tropisme soit notre région, notre pays ou l’Europe, c’est pourtant ce patriotisme économique qui sera le garant de notre cohésion sociale. S’il n’en est convaincu par sa réflexion propre, qu’il examine, sans parti-pris, comment nos grands partenaires se comportent et réussissent. Le patriotisme économique n’est pas une idéologie, pas plus que l’intelligence économique n’est un concept  : c’est une politique sociale.

Source : IE.news. Auteur : Bernard CARAYON

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