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Jean-François Pépin :"L’intelligence économique est d’abord une affaire de culture managériale"

Dominique FILIPPONE

lundi 23 janvier 2006, par anass


La direction des systèmes d’information joue un rôle primordial dans l’élaboration de la démarche d’intelligence économique. L’implication du DSI participe à la prise de décision globale.

JDN Solutions. Comment se positionne le DSI dans une démarche d’intelligence économique ?

Jean-François Pépin. Responsable des systèmes d’information, le DSI joue un rôle essentiel pour lancer de tels projets. Il est un "facilitateur" des démarches menées au sein de l’entreprise. Il les instrumente, aide à leur mise en place, les coordonne et participe ainsi à la mise en relation des différents acteurs.

Véritable architecte des flux informationnels, sa connaissance des projets transverses lui confère une légitimité pour développer une structure globale d’information. Parce qu’il maîtrise l’ensemble des flux informationnels de l’entreprise, qu’il est capable de les optimiser par ses connaissances techniques et organisationnelles et qu’il est le mieux placé pour sécuriser l’information, il est un des acteurs capables de proposer aux dirigeants des solutions pour dynamiser la démarche globale d’intelligence économique de l’entreprise.

Il y parviendra avec d’autant plus de pertinence qu’il aura su préalablement sensibiliser ses équipes à l’intégration d’une telle démarche au sein de sa propre direction.

Quelle place pour les outils de veille ?

L’intelligence économique d’entreprise ne se limite pas à une simple action de veille environnementale. Véritable système destiné à optimiser en continu l’état d’information - interne et externe - de l’entreprise, elle s’impose de fait comme un puissant levier au service du management stratégique et de la gouvernance compétitive des organisations.

Néanmoins, le recours à des outils de veille optimise la prise de conscience de tous les acteurs et facilite grandement la mise en œuvre opérationnelle d’une démarche d’intelligence économique.

En quoi le système d’information contribue-t-il à élaborer cette démarche ?

Les systèmes d’information font partie intégrante de la démarche d’intelligence économique et stratégique. Les technologies de l’information, surtout Internet, ont largement favorisé le développement du concept dans les entreprises, mais également le positionnement de nombreux éditeurs sur ce marché.

Cette exigence est désormais rendue possible grâce à l’interactivité de logiciels de plus en plus efficaces, de matériels de plus en plus puissants et de réseaux de télécommunications à hauts débits. Les technologies actuelles utilisées par les solutions logicielles laissent encore augurer de nombreux progrès pour correspondre au mieux aux attentes des entreprises.

Le SI permet à l’entreprise d’optimiser ses modes de fonctionnement en fournissant aux différents acteurs concernés les outils de coordination entre les tâches des diverses unités de l’organisation.

Cette nécessaire coordination oblige le système d’information à tout mettre en œuvre pour protéger les données, mais aussi pour récupérer, stocker, traiter et diffuser à bon escient l’information, fondement du savoir et de la connaissance de l’entreprise.

Un DSI peut-il revêtir la fonction de "Monsieur intelligence économique" au sein de l’organisation ?

Orientée vers la maîtrise de l’information, l’optimisation de la décision et la promotion des coopérations, l’intelligence économique d’entreprise est d’abord une affaire de culture managériale, c’est-à-dire une volonté singulière de penser, de décider et de coopérer afin de mieux agir collectivement. Dès lors, grâce à l’implication personnelle du dirigeant, ce sont tous les directeurs métiers qui participent à la démarche.

Le DSI participe de manière spécifique à cette démarche globale de l’entreprise afin de mettre à disposition des décideurs des éléments nécessaires à la prise de décision, de coordonner les actions par le traitement de l’information, de stocker de manière durable et stable les informations et surtout de dynamiser l’action opérationnelle.

A quelles contraintes internes et externes à l’organisation les entreprises sont-elles confrontées ?

En France, le débat autour de l’intelligence économique d’entreprise balance souvent autour de deux injonctions paradoxales : "naïveté" ou "paranoïa". La première traduit un excès de confiance tandis que la seconde entraîne une surestimation démesurée des risques face à une même réalité, celle des enjeux du nouvel écosystème mondial au sein duquel les entreprises françaises tentent de s’acclimater pour survivre.

Entre ces deux notions, se trouve certainement le cliquet de ce qu’il faudra bien appeler dorénavant une "faute managériale". Pour éviter de la commettre et sous-estimer les irréversibles mutations de l’environnement économique, le dirigeant doit certes s’autoriser un nouveau regard, mais aussi mobiliser de nouvelles compétences et adopter des pratiques managériales mieux adaptées à ce nouvel écosystème résultat d’environnements fragmentés et incertains.

Source : JDN Solution. Le 23/01/2006.Propos recueillis par Dominique FILIPPONE


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