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L’Open Access : Perspectives en 2006

Kumar GUHA

jeudi 16 février 2006, par anass


Les nouveautés technologiques (wikis, blogs) devraient aider les journaux OA à se développer rapidement vers de nouveaux modèles. Les nombreux projets de bibliothèques numériques devraient aider les décideurs politiques à adopter une solution au problèmes des droits d’auteur, sans doute autour des Creative Commons. L’implication des éditeurs dans plusieurs projets Open Access devrait indirectement conforter le mouvement, même s’ils y sont réticents. Les bibliothèques ne sont pas sûres, en revanche, que l’objectif d’abaissement des coûts d’abonnement sera atteint.

Politiques publiques et éditeurs

L’objectif du mouvement d’Open Access, tel qu’il est défini par ses défenseurs les plus actifs est "de partager les connaissances et d’accélérer le processus de recherche". L’implication encore faible de nombreux chercheurs se voit aujourd’hui compensée par la conjugaison des efforts des bibliothèques, d’une minorité de chercheurs toujours aussi actifs, et de politiques publiques récentes ouvertement favorables à l’Open Access. Il faut souligner que ces politiques se focalisent pour l’instant sur les publications de la recherche financée sur fonds publics, alors que l’Open Access concerne toute la recherche. Nous avons remarqué une contradiction entre, d’une part, l’accord d’une majorité d’éditeurs, pour que le chercheur mette en ligne sur un serveur institutionnel un article déjà publié et, d’autre part, leur farouche combat contre des politiques publiques qui rendraient pérenne cet état de choses, bien que tous les éditeurs n’aient pas la même attitude vis à vis de l’e-édition ou bien des archives institutionnelles.

Les défis technologiques

Le développement des blogs et wikis est passé relativement inaperçu dans le monde des sciences, pourtant initiateur du réseau Internet. Néanmoins, la notion de "comité de lecture en ligne" ("online peer-review") n’échappe pas aux éditeurs scientifiques et, en la matière, les éditeurs Open Access sont en avance sur leurs homologues classiques. Ils ont déjà constaté l’efficacité de cette méthode, tant du point de vue de la rapidité de publication que du nombre de soumissions ou que de la visibilité des travaux de recherche. Nous avons vu qu’à "Google Scholar", qui inclue une forte implication des éditeurs classiques, Yahoo ! a répondu en s’impliquant dans OAIster. De la même façon, le projet Google Print, devenu Google Books, est concurrencé par l’Open Content Alliance, à côté de nombreux autres projets de bibliothèques numériques.

Les bibliothèques numériques

Les projets de bibliothèque numériques ont acquis une nouvelle visibilité en 2005, avec les affaires liées à Google Books, et, notamment, le lancement de la Bibliothèque Numérique Européenne à l’initiative de la France. Parmi les projets existants, nous pouvons citer, au niveau international, le World Digital Library de la bibliothèque du Congrès américain, financé par Google à hauteur de trois millions de dollars, l’Open Content Alliance où participent Yahoo !, Internet Archive et Microsoft à hauteur de cinq millions de dollars avec MSN Book Search, une bibliothèque de livres rares, projet des universités d’Ottawa et d’Ontario au Canada, une initiative de sauvetage des livres du Mali, par le Centre de Conservation du Livre, organisme français. En France, Gallica fut lancée en 1997 par la Bibliothèque Nationale de France, il existe aussi une bibliothèque numérique de la "Maison de l’Orient Méditerranéen", un projet de numérisation de 40000 volumes du Livre Foncier d’Alsace-Moselle par Infotechnique, la bibliothèque numérique du Cnam, le projet de numérisation des Annales des Ponts et Chaussées à l’ENPC, etc. Le développement des bibliothèques numériques devrait influencer le mouvement d’Open Access, ces projets poursuivant un objectif commun de mise à disposition de documents à un large public. En effet, les bibliothèques numériques se sont très vite heurtées aux problèmes de droits d’auteur, sujet également crucial dans le mouvement du libre accès. On peut penser que, plus il y aura de projets concernés par cette question, plus les politiques s’intéresseront aux moyens d’y remédier et examineront peut-être l’alternative que représentent les Creative ou Science Commons.

Certains éditeurs jouent le jeu

Le fait que les éditeurs "classiques" participent de plus en plus à des projets d’Open Access, de façon encore peu visible mais bien réelle, s’il contribuera certainement à faire oublier que ce mouvement était né pour s’opposer à eux et à leurs tarifs d’abonnement, viendra aussi conforter le mouvement à mesure qu’il prend corps. En revanche, nous l’avons vu, aucun signe d’amélioration n’est à attendre des tarifs qu’ils pratiquent et il est fort à parier que le budget des bibliothèques n’en souffrira pas moins dans les années à venir, sauf à profiter d’un développement exceptionnel de l’e-édition Open Access.

Les bibliothèques profiteront-elles de l’Open Access ?

Nous avons vu que l’implication des bibliothèques était grande, et, aux Etats-Unis, le soutien officiel de grandes bibliothèques en faveur du projet de loi CURES Act en est un exemple. Nous avons noté le rôle que les bibliothèques et centres de documentation devraient sans doute jouer auprès des chercheurs : formation et aide à la mise en ligne sur des serveurs d’archives institutionnelles. Le fait que les tarifs des éditeurs traditionnels restent tout aussi élevés, et que leur offre correspond bien aux préoccupations des chercheurs, laisse présager un avenir difficile, du moins en attendant que les serveurs Open Access et l’e-édition offrent des produits similaires et comparables, ce qui est déjà le cas dans certains domaines.

Source :DOC ENPC.SERVICE DOCUMENTAIRE ECOLE NATIONALE DES PONTS ET CHAUSSEES.Le 16/01/2006.Auteur :Kumar GUHA


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