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La numérisation des revues scientifiques

Philippe Chevet.

lundi 20 février 2006, par anass


La numérisation et la diffusion des revues scientifiques est une pratique aujourd’hui en pleine expansion. De tels projets sont de plus en plus nombreux, et certains (en France) ont déjà abouti à la publication en ligne de centaines d’articles. L’origine de ces initiatives est diversifiée. Elles peuvent venir directement d’une revue papier, qui numérise ses fonds, et tend ainsi à les basculer sur le réseau internet, mais l’initiative peut provenir également des chercheurs eux-mêmes, de façon indépendante. Dans ce cas, les projets de numérisation peuvent varier.

Dans la logique Open Source (voir ci-dessous), de nombreux chercheurs entendent de plus en plus diffuser leurs articles de façon libre, directement sur internet, parfois en conservant le souci d’interopérabilité (Open Archive Initiative). Pour cela, soit une revue spécifique est créée, et elle sera dès lors exclusivement « électronique », ce qui fait naître de nouvelles pratiques, soit on se borne parfois à numériser la masse d’écrits disponibles, et identiquement aux travaux des revues, on assiste alors à un simple « basculement » de l’écrit à l’écran. La mise sur le réseau internet apparaît pour les chercheurs comme le moyen idéal d’atteindre un nouveau public, un public plus large même, qu’il est parfois difficile de trouver via le seul support papier.

Ces revues, qui font aujourd’hui l’actualité, soulèvent donc d’un point de vue juridique, une double série de questions :

il est indispensable de revenir à la source, et notamment de poser clairement les principes en matière de diffusion sur papier et sur internet des articles scientifiques. Des arguments pourront être ainsi avancés et venir clarifier quelque peu le débat qui s’est engagé entre les revues et leurs auteurs (partie 1).

les initiatives des chercheurs s’inscrivent dans la mouvance Open Source. Or, ces mouvements développent une philosophie qui, transposée à l’internet, est à l’origine de projets clairement à la marge du droit. Il faudra donc revenir à ces notions d’Open Source et de copyleft, dont l’influence va croissante, passant du logiciel libre au domaine artistique et scientifique. Certaines initiatives Open Source dans le domaine de l’enseignement et de la recherche peuvent être encouragées. L’une des conséquences de ce mouvement est en effet l’apparition de nouvelles pratiques de recherche, avec les revues électroniques, les hypertextes savants, et ayant vocation à diffuser de façon libre et gratuite une partie de la littérature scientifique (articles, oeuvres du domaine public...).

En revanche, certains aspects sont plus critiquables et présentent même une menace pour les écrits scientifiques. Nous devrons donc faire le point sur l’ensemble de ces mouvements Open Source (partie 2).

Source : ArchivesSIC.Le 11 Août2004.Auteur :Philippe Chevet.A.T.E.R. (université de Paris XI) - Doctorant en droit privé (CECOJI-CNRS) - Chargé de mission à la Fondation MSH

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