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De La fracture Numérique aux PERSPECTIVES NUMÉRIQUES

George Sciadas, Pierre Giguère.

mardi 21 février 2006, par anass


LES INFO-ÉTATS ET LA FRACTURE NUMÉRIQUE

Nous vivons à une époque de grands changements, tant par leur portée que par la vitesse étourdissante à laquelle ils se succèdent. Au-delà des influences géopolitiques actuelles, la principale force responsable de ce courant de transformation généralisé n’est autre que le tsunami de nouvelles technologies qui déferle sur notre planète, ainsi qu’en témoigne on ne peut mieux la révolution numérique. En grande partie du fait de l’explosion des TIC et de leurs applications, présentes et à venir, nous assistons à un bouleversement fondamental des conventions économiques, lourd de conséquences pour l’avenir de nos sociétés. Certaines de ces conséquences se font déjà sentir, d’autres sont prévues à plus long terme, et d’autres encore demeurent parfaitement imprévisibles. Et pourtant, certains facteurs, notamment ceux qu’on associe à des déséquilibres de longue date, n’évoluent qu’à pas de tortue, voire à contre-courant.

C’est avec raison qu’au cours de la dernière décennie, plus que jamais auparavant, l’intérêt et la curiosité ont monté en flèche à l’égard des nouvelles possibilités qui s’offrent à nous, de ce qu’elles représentent réellement et de la façon dont elles pourraient éventuellement servir l’humanité. Des efforts concertés et ciblés ont d’ailleurs été déployés afin de démêler les liens entre la diffusion et l’utilisation des TIC d’une part, et le développement économique de l’autre. Les croyances quasi instinctives de la première heure voulant que les TIC se révèlent un ajout puissant à l’arsenal du développement sont ainsi de plus en plus avérées. Mais alors que la nouveauté ouvre des perspectives jusqu’ici inimaginables, elle a aussi le pouvoir d’accentuer sérieusement d’importants déséquilibres pour le moins indésirables, au point d’en venir à les faire paraître acceptables si l’on ne met pas tout en oeuvre pour les corriger. En deux mots, c’est là l’histoire de la fracture numérique.

Simplement définie en termes d’écart entre « nantis » et « démunis » des TIC, la fracture numérique s’impose comme la plus récente forme de gouffre séparant les pays sur les plans du développement et du niveau de vie. Elle marque le point de jonction entre les volets économiques et sociaux de la société de l’information, et revêt une importance extrême dans la mesure où les TIC nous offrent une chance d’évolution historique. Non seulement est-il économiquement et socialement indésirable d’abandonner des populations entières à leur sort actuel, mais la réalisation de nombreuses promesses des TIC, inclusion faite de phénomènes comme le gouvernement en ligne et le commerce électronique, est aussi étroitement liée à l’éradication de la fracture numérique. Les enjeux parallèles liés aux possibilités et aux menaces associées aux TIC sont d’ailleurs à l’origine même des deux phases du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI, Genève 2003 et Tunis 2005).

Bien que ces enjeux soient aujourd’hui beaucoup plus clairs, nombre d’autres demandent encore à être approfondis, notamment ceux qui touchent aux vases communicants que sont les TIC et le développement, ou au déploiement généralisé et équilibré des TIC par le biais d’efforts de développement continus. En tant que domaine d’étude, la fracture numérique présente de multiples facettes et exemplifie la nécessité d’approches ouvertes et multidisciplinaires. Il n’a guère fallu de temps pour qu’à l’instar de bien d’autres enjeux liés à la société de l’information, la fracture numérique exige des mesures spécifiques. Il est alors devenu évident que nous avions besoin d’un instrument capable de quantifier la fracture numérique et de suivre son évolution de façon rigoureuse. C’est dans ce cadre que s’inscrit notre projet, et bien que les mesures en question soient manifestement applicables partout où vivent des masses de gens, notamment à l’intérieur des différents pays, nous mettons ici l’accent sur les comparaisons entre pays.

Source :Orbicom.2005.Auteurs :George Sciadas, Pierre Giguère.

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