BdD des Sciences d’Information

Accueil du site > Traitement de l’Information > Numérisation > Gros plan sur la numérisation des archives audiovisuelles de (...)

Gros plan sur la numérisation des archives audiovisuelles de l’INA

Stéphane Haik

mardi 28 février 2006, par anass


Menacées par l’usure du temps, les archives de l’Institut national de l’audiovisuel font l’objet d’un ambitieux plan de sauvegarde depuis 2001. Un projet basé sur une migration de l’analogique vers le numérique, devenue impérative. Explications.

Sauvegarder les archives, et non les restaurer. Jean-Marc Bordes, directeur général délégué de l’INA, insiste sur cette précision pour le vaste projet lancé par l’institut. « On restaure un programme lorsque l’on souhaite améliorer la qualité de l’enregistrement - suppression des rayures d’un film, des parasites d’un enregistrement sonore, reconstitution d’images ou de sons manquants - en vue d’une édition sonore ou vidéo, ou de la rediffusion d’une fiction. C’est une opération coûteuse, car très minutieuse, qui est engagée dans la perspective d’une exploitation commerciale. En revanche, la sauvegarde est une opération systématique d’une nature quasi industrielle. »

La valeur des documents en jeu est d’une importance capitale : l’INA conserve quelque 1,5 million d’heures de programmes radio et télé. Dont les archives de la radio et de la télévision depuis plus de soixante ans, mais également des fonds plus rares encore, comme celui de la presse filmée de la période de l’Occupation. Ils constituent une source inépuisable d’images et de sons pour les diffuseurs, les producteurs, les créateurs et les éditeurs.

Un intérêt patrimonial mais aussi commercial

Outre l’intérêt patrimonial d’une migration de l’analogique vers le numérique, l’aspect strictement commercial de cette démarche ne doit pas être négligé. Fini le temps où les producteurs devaient se déplacer sur site pour consulter des milliers de fichiers manuels. Désormais, via le site professionnel de l’INA Inamedia.com, ils ont directement accès à 250.000 heures de programmes et à 5 millions de notices diverses.

Simple en apparence, la migration vers le numérique s’avère pourtant une opération proprement titanesque. En 1999, l’institut estime que 835.000 heures de programmes audiovisuels sont menacées par l’usure du temps. La mise en oeuvre effective en 2001 mobilise, en premier lieu, le service de la sauvegarde, de la numérisation et de la communication. Au total, une vingtaine de personnes, dont six techniciens, se consacrent aux opérations de numérisation proprement dites. Soutenues par une poignée de prestataires externes, dont les sociétés VectraCom et Cognac-Jay. En 2004, la cellule interne de l’INA a ainsi procédé à la numérisation de 30.000 heures, tandis que les prestataires en ont réalisé 13.000.

Un tel projet justifie un budget ambitieux : de 1999 à 2003, l’enveloppe moyenne annuelle du plan de sauvegarde et de numérisation était de 5,7 millions d’euros, soit 8% de la dotation de redevance perçue par l’INA. C’est dire toute l’importance que revêt cette gigantesque opération.

Le MPeg, norme de compression numérique pérenne

Trop tard, disent les rares détracteurs du projet. Ce à quoi Jean-Marc Bordes rétorque : « Nous avons dû attendre que les normes numériques se stabilisent, afin d’offrir une solution fiable et pérenne de transfert à partir de l’analogique. À la fin des années 90, il existait une multitude de normes, dont les D1, D2, D3, D4, avant que le MPeg s’impose à nous naturellement : MPeg 1 pour le visionnage, MPeg 2 pour la qualité broadcast. »

Techniquement parlant, pour obtenir ladite compression, les équipes de l’INA utilisent principalement Optibase, une carte d’acquisition digitale hardware d’origine israélienne. « Cinq robots de la marque SlexiCard permettent d’obtenir ensuite les fichiers numériques définitifs », explique Bernard Rocher, chef de service.

De multiples menaces

De quoi sont menacées au juste les archives de l’INA ? Différents maux ont été répertoriés, à commencer par la dégradation chimique qui concerne les films nitrate et les bandes vidéo 1 pouce B. Ensuite, d’une dégradation physique ou mécanique touchant principalement les disques et les bandes magnétiques radio. Mais ce n’est pas tout, renchérit Jean-Mac Bordes. « À ces causes, s’ajoute l’obsolescence des formats et des machines de lecture des bandes vidéo 2 pouces, 1 pouce C et des cassettes vidéo ¾ pouce. »

Demeure une question fondamentale : faut-il tout sauvegarder ? L’exhaustivité est la démarche même de l’INA. Et seul un manque de ressources budgétaires contraindrait l’institut à établir une sélection. Mais la volonté conjuguée de l’INA et des autorités de tutelle rend improbable cet autre cauchemar.

Source :ZDNet France.Le 28 Septembre2005.Auteur : Stéphane Haik


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette