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LA CYBERSURVEILLANCE SUR LES LIEUX DE TRAVAIL

Hubert BOUCHET

jeudi 2 mars 2006, par anass


Le recours de plus en plus systématique aux nouvelles technologies de réseau a des incidences considérables sur les rapports employés-employeurs. Progressivement, l’information dont disposent les entreprises est numérisée, quelle que soit la nature de cette information. Dès lors qu’elle est informatisée et susceptible d’accès par internet ou intranet, des risques d’accès indus à cette information sont réels. Pour l’entreprise, les nouvelles technologies de l’information et de la communication vont naturellement poser des problèmes nouveaux en matière de sécurité dès lors que se trouvent externalisées des informations sur toute la vie de l’entreprise, ses fichiers de personnels, la gestion des commandes, ses secrets de fabrique, etc. Pour les salariés, la différence de nature entre les TIC et tout ce qui précède réside en la capacité nouvelle de la technologie de conserver toutes les traces laissées par la personne connectée.

Ainsi, la technique pose de façon nouvelle des questions qui avaient été réglées dans un contexte ancien. Un message électronique que le salarié a cru supprimer peut avoir été sauvegardé sur un serveur de messagerie ou sur un support magnétique de sauvegarde. Et ce salarié serait trompé si nul ne lui avait exposé que le message qu’il avait reçu de son épouse pour lui rappeler de ne pas oublier de faire une course avant de rentrer à son domicile, et qu’il avait aussitôt effacé de sa messagerie, avait été conservé à son insu.

L’équilibre est délicat à trouver.

L’ouverture de l’entreprise sur le monde, grâce à internet, et l’utilisation des réseaux d’information, la rendent plus vulnérable à des attaques informatiques venues de l’extérieur. La mise en place de mesures de sécurité constitue à cet égard une nécessité pour éviter les intrusions et pour protéger des documents confidentiels, des secrets de fabrique, ou encore les fichiers de l’entreprise. Or, ces mesures de sécurité auront précisément pour objet de conserver trace des flux d’informations, directement ou indirectement nominatives, afin de mieux prévenir les risques et de repérer l’origine des problèmes.

Par ailleurs, ces technologies qui sont tout à la fois, ergonomiques, faciles d’emploi et parfois ludiques, peuvent conduire les entreprises à veiller à ce que leurs salariés n’en fassent pas un usage abusif, sans lien avec leur activité professionnelle. Ce contrôle de productivité du « cyber-travailleur » s’exercera d’autant plus que toute architecture en réseau a pour effet d’éloigner géographiquement le salarié de sa hiérarchie. L’évolution aura été constante.

D’abord, le contremaître, personne repérable, chargé de contrôler la présence physique du salarié sur son lieu de travail et en activité. Puis, les « contremaîtres électroniques » chargés du contrôle de la présence physique : les badges d’accès. S’ouvre désormais l’ère du « contremaître virtuel » pouvant tout exploiter sans que le salarié en ait toujours parfaitement conscience et permettant, le cas échéant, au-delà des légitimes contrôles de sécurité et de productivité des salariés, d’établir le profil professionnel, intellectuel ou psychologique du salarié « virtuel ».

Source :CNIL - février 2004.Auteur :Hubert BOUCHET

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