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Rôle et responsabilités des pouvoirs publics dans la lutte contre la fracture numérique - Phase 1 : Situation de la France dans le contexte européen

Christiane DORE et Yves MAGNE.

jeudi 16 mars 2006, par anass


Synthèse

Par l’étendue et la diversité de ses enjeux, la société de l’information et de la connaissance est aujourd’hui un véritable outil de développement, de diversification économique et sociale et de recomposition des sociétés du monde. C’est pourquoi, il est essentiel que personne n’en soit exclu et l’Etat, garant de l’égalité des citoyens et de la cohésion sociale, doit inscrire au rang de ses priorités stratégiques l’intégration de tous à la société de l’information.

Alors que la société de l’information s’étend en Europe et transforme partout la vie et le travail quotidiens, la fracture numérique reste un phénomène observé dans tous les pays de l’Union avec un certain nombre de caractéristiques communes à tous : disparités géographiques entre l’urbain et le rural, disparités hommes-femmes, disparités actifschômeurs, disparités liées au niveau d’éducation, au revenu, à l’âge, etc.

La situation de l’intégration à la société de l’information présente cependant une gravité particulière en France qui se caractérise par un retard dans la diffusion d’internet, retard qui se retrouve aussi bien sur la question des utilisateurs, des équipements que des contenus. La lutte contre la fracture numérique paraît donc très largement à mener en France. Il s’agit là d’une priorité car les nouvelles technologies conditionnent pour une large part la croissance et l’emploi. Dans ces conditions, faire en sorte que leur diffusion soit la plus large possible apparaît à l’évidence comme une nécessité autant économique que sociale.

Certains pays d’Europe l’ont compris très tôt et ont fait de l’accessibilité aux TIC une priorité nationale, comme la Suède, la Finlande, la Norvège, les Pays-Bas et le Danemark. A la différence de la France, ces cinq pays ont su mettre en oeuvre une approche globale de la modernité des sociétés alliant la performance économique et la performance sociale : leur croissance est bonne, le niveau de vie et d’emploi est élevé et ils utilisent à plein les possibilités offertes par les TIC.

La mise en oeuvre d’une politique publique de réduction de la fracture numérique audacieuse et volontariste avec de vraies priorités est une urgence sociale et économique en France et nécessite un renouvellement de l’action des Pouvoirs publics fondé sur un engagement fort autour d’une stratégie clairement affirmée et efficacement conduite. Cette redéfinition de la politique des Pouvoirs Publics en faveur du développement de la société de l’information doit être réalisée de façon urgente, autour de quatre champs d’action avec un objectif unique : celui d’atteindre chaque individu dans ses spécificités d’usager et de client potentiel quelle que soit sa condition économique ou sociale :

* Premier champ d’action : lever les barrières psychologiques par une campagne d’information du grand public sur les usages des TIC au quotidien et sur les enjeux de la société de l’information pour chacun.

* Deuxième champ d’action : faire de l’intégration à la société de la connaissance un outil stratégique au service de l’égalité des citoyens.

* Troisième champ d’action : assurer d’urgence l’égalité des territoires dans les équipements et les infrastructures qui conditionne l’accessibilité de tous à la société de l’information.

* Quatrième champ d’action : mettre les TIC au coeur de la politique publique de la formation et de l’emploi. La mise en oeuvre d’une politique nationale de lutte contre la fracture numérique devra s’inscrire dans la stratégie de l’Union européenne dont le plan e-Europe 2005 met l’utilisateur au centre de sa réflexion en intégrant dans ses lignes d’action des mesures relatives à l’inclusion numérique.

Source :CGTI.Conseil Général des Technologies de l’Information.Septembre 2002.Auteurs : Christiane DORE et Yves MAGNE.

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