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Dépenses en technologies de l’information : 559 millions de dollars

Rachid Tarik

mercredi 19 avril 2006, par anass


« Les grands chantiers de l’informatique, comme le e-gouvernement, doivent générer une croissance du secteur à l’instar de ce qui a été fait dans d’autres pays. Il faut absolument éviter des projets en entente directe avec des groupes étrangers qui ne verront du Maroc qu’une opportunité sur le court terme et sans valeur ajoutée pour le pays », lance Chemsedine Ould Sidi-Baba, de l’Association marocaine des professionnels des technologies de l’information et de la communication (APEBI), qui ajoute qu’il faut opter pour la création de consortium et le transfert de savoir-faire afin de favoriser cette croissance.

Sachant que des entreprises nationales ont déjà réussi sur des projets au niveau international, il serait dommage de ne pas prendre en considération l’excellence marocaine et d’encourager la création d’emplois dans les Technologies de l’information et de la communication (TIC) ailleurs qu’au Maroc avec l’argent du contribuable.

Cet appel, comme prémonitoire, a été bien entendu par les pouvoirs publics et pousse Bachir Rachdi, président de l’APEBI à dire dans l’introduction d’une étude consacrée au secteur des TIC « qu’au Maroc, depuis le milieu des années 90, une certaine conscience a permis de placer, à chaque fois, les technologies de l’information parmi les secteurs stratégiques ». Ainsi l’Etat a préparé la Stratégie Maroc 2006-2012 qui propose la création d’une industrie forte en TIC, la consolidation de l’ingénierie nationale, la capitalisation de la valeur ajoutée au niveau de l’économie nationale et la création d’emplois hautement qualifiés et pérennes (+33.000 dans l’industrie des TIC et + 90.000 dans l’offshoring).

Ce plan, qui n’a pas encore été signé entre les pouvoirs publics et les différents partenaires du secteur, propose également le développement de e-gouvernement, la participation au marché de la consommation intérieure et un retour sur investissement assuré pour l’Etat avec plus de 10,5 milliards de dirhams de recettes fiscales sur cette période. En chiffre d’affaires, les TIC devraient générer quelque 80 milliards de DH en 2012.

A côté de tout cela, des mesures fiscales seront mises en place telles que la réduction des charges sur salaires pour les nouveaux emplois créés avec exonération des charges sur salaire pendant 24 mois plus une année supplémentaire, avec un plafond de 6.000 DH. Mais avant de réaliser tout cela, quel est l’état des lieux du secteur ? Il ressort d’une étude réalisée par l’APEBI que le nombre d’emplois générés par l’activité TIC est de l’ordre de 14.800 pour les emplois purement TIC, le secteur a créé 7.398 emplois directs et 7.400 non directs en 2004.

De plus en prenant en compte des emplois indirects non TIC mais induits par l’activité TIC (26.000), à savoir les professions de la logistique, du bâtiment, du marketing, etc., ce secteur emploierait près de 40.700 personnes, soit moins de 0,5 % de la population active. Cette main-d’œuvre est à Casablanca (65 %), Rabat (20 %) et le reste dans les autres principales villes du Royaume. Le marché national est en développement avec des besoins importants dans une perspective de la mise à niveau des entreprises.

Quant aux particuliers, le développement des usages et de la concurrence amènera une augmentation sensible de l’utilisation d’Internet. « Pour cette catégorie de clientèle, le marché est aujourd’hui exclusivement domestique. Il est porté d’une part par les télécoms, en forte croissance avec le mobile et l’Internet haut débit mais avec encore un grand potentiel au vu des ratios internationaux, et par l’informatique personnelle encore faiblement développée d’autre part.

A cet effet, la stratégie gouvernementale prévoit la généralisation de l’accès aux technologies de l’information aux ménages », ajoute l’étude. Quant aux dépenses globales en technologie de l’information au Maroc, selon le cabinet international en conseil IDC, elles « étaient de 559,83 millions de dollars en 2005, ce qui représente une progression de 7,2 % par rapport à l’année précédente.

Le Hardware représente 60 % de ces dépenses globales, suivi par les services avec 23 % et le package software avec 16 %. Cette progression va continuer avec une croissance de 9,1 % en 2006 avec quasiment la même répartition par type de dépense ». Toujours d’après IDC, dans l’activité du Hardware en 2004, le marché du PC représentait 116.877 unités et 87.228 imprimantes de tous types.

L’Etat, les télécoms et les banques étaient les principaux acheteurs. Les PME et les particuliers représentent un segment de forte croissance dans les années à venir, ces segments ne sont pas aussi pénétrés que les autres catégories.

Pour exploiter ce potentiel, les constructeurs doivent renforcer leur « attention régionale » tout en s’impliquant dans la formation de l’utilisateur final.

Principales mesures incitatives :

- exonération totale de l’IS (impôt sur les sociétés) pendant les 5 premières années et un abattement de 50 % pour les 5 années qui suivent pour le chiffre d’affaires à l’export ;

- exonération de la TVA et de la patente pendant 5 ans ;

- exonération de la TVA pour les immobilisations acquises localement ;

- suspension de la TVA pour les produits et prestations de services qui font l’objet d’exportation ;

- province de Tanger : réduction de 50 % de l’IS, de la taxe professionnelle et de la patente ;

- zone franche de Tanger, exonération totale de l’IS pendant 5 ans. Pour les 10 années suivantes, elle est de 8,75 % ;

- taux d’imposition de 10% sur la plus-value de cession des stocks options sous certaines conditions ;

- régime de convertibilité pour les investissements étrangers réalisés au Maroc en devises ;

- protection des investissements et du libre transfert des capitaux ;

- garantie de non discrimination entre étrangers et nationaux ;

- 51 accords de promotion et de protection des investissements et 33 conventions fiscales bilatérales.

Source : Le Matin.Le 15/04/2006. Auteur :Rachid Tarik


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