BdD des Sciences d’Information

Accueil du site > Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) > Radioscopie du marché des TIC au Maroc

Radioscopie du marché des TIC au Maroc

Rachid Jankari

lundi 15 mai 2006, par anass


Sommaire

-Chiffres clés

-Dominance du secteur de la vente de matériel informatique

-Marché des logiciels et des progiciels

-Absence de spécialisation dans la distribution

Le Maroc est le troisième pays en Afrique, après l’Afrique du Sud et l’Egypte, dans le domaine des technologies de l’information, en terme de flux économique drainé par le secteur. Ce constat découle de la croissance soutenue réalisée par les sociétés opérant sur ce segment d’activité à fort potentiel.

Chiffres clés

Selon les estimations de l’Association des technologies de l’information (Apebi), le chiffre d’affaires du secteur, hors opérateurs de télécommunications, est passé de 2,8 milliards de DH à fin 1998 à 4,5 milliards de DH en 2001 pour s’élever à plus de 5,2 milliards de DH en 2002. Autrement dit, la croissance annuelle globale du marché au cours des quatre dernières années est établie à 20%.

L’essentiel de ces réalisations est concrétisé sur le marché domestique, soit 91% contre 9% destinés à l’export. Autre chiffre révélateur de la spécificité du marché local, 54% du chiffre d’affaires global provient de la vente de matériel informatique, soit près de 2,8 milliards de DH. Le reste des affaires est réalisé respectivement dans les segments des logiciels, de services (43%) et des téléservices (3%).

Toujours selon les estimations des professionnels recueillies par l’Apebi, les commandes proviennent principalement des grands comptes, banques et assurances (30%), des administrations (25%) et des PME-PMI (30%). Ces dernières sont devenues récemment l’un des grands gisements de croissance du marché des TIC. Quant aux particuliers, leur part de marché reste faible ne dépassant guère 5% des ménages citadins selon les professionnels du secteur.

Forte concentration à Casablanca S’agissant de la typologie des intervenants du marché, depuis 1994, les implantations d’entreprise de services informatiques se sont rapidement multipliées. Actuellement, le nombre des sociétés spécialisées au Maroc s’élève à plus de 1.000 entreprises, soit une croissance de l’ordre de 20% en l’espace de cinq ans.

La majorité de ces entreprises sont concentrées auprès de leurs principaux donneurs d’ordre. D’ailleurs, Casablanca, à elle seule, concentre près de 65% de l’offre tandis que Rabat en polarise 20%.

Au niveau des emplois, le secteur est devenu un grand pourvoyeur d’opportunités avec l’emploi de plus de 8.400 personnes. Néanmoins, il faut reconnaître que la taille des entreprises reste encore limitée. La moitié de celles qui opèrent dans les TIC dispose d’un effectif inférieur à dix personnes et seul 11% d’entre elles emploient plus de 25 salariés.

Dominance du secteur de la vente de matériel informatique

L’activité des PC et de imprimantes domine le marché de TIC au Maroc au détriment de serveurs et des équipements réseaux. Les clones accapare 50% du marché au dépend des marques

Concrètement, ce segment d’activité enregistre un chiffre d’affaires de près de 2,8 milliards de DH, soit 54% du CA global.

A cet égard, le marché de l’équipement reste marqué par la domination en valeur de l’activité des PC et des imprimantes (75%) au détriment des serveurs (15%) et des équipements réseaux (10%).

Autre fait caractéristique, la quasi totalité du matériel informatique en circulation au Maroc est importé de l’étranger et revendu, soit en l’état ou après assemblage. La distribution est assurée par un réseau de cinq principaux grossistes (Distrisoft, Marsofim, Matel et PC Market) appuyés par plus 1.200 revendeurs.

Selon les estimations des professionnels, le parc actuel du matériel informatique (PC) est estimé à 500.000 ordinateurs productifs (Pentium III et plus). Malgré ce faible taux d’équipement, le Maroc enregistre une croissance annuelle moyenne de près de 21% sur la période 2002-2003, passant de plus de 68.000 unités vendues en 2000 à quelques 120.000 unités au terme de l’année 2003.

HP domine le marché des PC et des imprimantes

S’agissant de la répartition des parts de marché entre constructeurs informatiques, dont la majorité dispose d’une filiale au Royaume, HP accapare 30% de ventes nationales en PC en 2003, suivie par IBM (8%). Quant à Dell et Fujitsu Siemens, ils se partagent équitablement 10% du marché.

La 50% restante est composée en majeure partie par des clones montés par une centaine d’intégrateurs locaux. Cette niche cible le marché des PME-PMI et les particuliers dont le pouvoir d’achat moyen est faible pour pouvoir s’équiper avec des machines de marques. Actuellement, le marché des clones devient de plus en plus mature. A titre d’exemple, la société Accent Computer qui est le premier assembleur au Maroc a commencé récemment à distribuer ses produits via la grande distribution.

Outre les PC, le marché informatique enregistre aussi une forte croissance sur le segment des imprimantes. En effet, le constructeur HP domine le marché (70%) avec quelques 56.000 unités vendues en 2003. Le reste de cette niche est partagé par d’autres marques (Lexmark, Epson, Canon, Brother).

L’activité réseaux (routeurs, commutateurs), quant à elle reste jusqu’à présent embryonnaire. Seul indicateur sur le potentiel du marché, l’ouverture récemment des de bureaux régionaux de représentations pour l’Afrique du Nord à Casablanca de grands fournisseurs tels que Cisco et 3Com.

Marché des logiciels et des progiciels

Le marché des logiciels au Maroc recèle beaucoup du potentiel de croissance. En effet, pour l’année 2002, ce segment d’activité a réalisé un chiffre d’affaires (CA) de l’ordre de 441 millions de DH. Comparativement au CA global du secteur des TIC estimé à plus de 5,2 milliards de DH (hors opérateurs télécoms), le marché des logiciels manque de maturité.

Cette situation est due en partie à l’importance du phénomène de piratage. Au Royaume, 90% des logiciels sont illégalement copiés sur le parc informatique national. Malgré ce tableau « pessimiste » de la réalité du marché des logiciels, les professionnels restent unanimes sur l’importance de ses gisements de développement notamment grâce à l’arrivée sur le marché de nouveaux produits.

Cette croissance est d’ailleurs reliée au dynamisme du marché de l’équipement informatique. Pour preuve, à cause de l’effet psychologique du bug 2000, les entreprises et les particuliers ont décidé non seulement de mettre à niveau leurs ordinateurs (hardware) mais aussi leurs parcs logiciels.

Absence de spécialisation dans la distribution

Autre indicateur du potentiel du segment des logiciels, l’engouement enregistré par les logiciels de comptabilité. Compte tenu de la facilité d’installation et la faiblesse du coût d’investissement de ces outils, plusieurs PME-PMI ont franchi le pas pour moderniser leurs comptabilités.

Le caractère embryonnaire du marché des logiciels se répercute également de l’état même de son réseau de distribution. A ce niveau, le système grossiste/revendeurs, qui caractérise le marché des équipements, n’est pas applicable pour tous les types de logiciels.

Parallèlement, la facilité d’importation des produits a entraîné le non respect des règles de l’exclusivité. Conséquence : la plupart des sociétés informatiques marocaines distribuent des logiciels.

L’élargissement de l’éventail des produits logiciels distribués est aussi un autre phénomène qui caractérise ce marché. Cette absence de spécialisation résulte du fait que beaucoup de petites structures sont obligées de combler leur manque de compétence technique et d’assise commerciale par un éventail de produits large.

A noter qu’au Maroc, le réaménagement du code de la Douane, a permis la réduction des taxes à l’importation des produits informatiques y compris les logiciels. La taxe à l’importation est fixée à 0,25% de la valeur douanière, les droits de douane sont de 2,5% et la TVA s’élève à 20%.

Source :Tanmia.Le 02/02/2005.Auteur : Rachid Jankari


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette