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Les pays en développement : nouveau marché des télécommunications

Le groupe Banque Mondiale

lundi 15 mai 2006, par anass


Il y a à peine cinq ans, il n’y avait au Nigeria que 370 000 utilisateurs de téléphones cellulaires. Quatre ans plus tard, ils étaient 16,8 millions. Et le marché nigérian du cellulaire est devenu le deuxième d’Afrique.

Ces deux exemples sont tirés du nouveau rapport de la Banque mondiale, Information et communications pour le développement 2006 : Tendances et politiques à l’échelle mondiale, consacré aux progrès réalisés dans 144 pays en matière d’accès aux technologies de l’information et de la communication, en abrégé les TIC.

Selon Mr. Mohsen Khalil, Directeur du Département technologies de l’information et des communications mondiales du Groupe de la Banque mondiale, le rapport démontre un point important : le cellulaire a révolutionné l’accès aux TIC dans les pays en développement.

Croissance des téléphones cellulaires

« Au cours des dix dernières années, la connectivité a fait un énorme bond en avant dans les pays en développement, » explique M. Khalil.

« En 1990, l’ensemble des pays en développement ne représentaient que 22 pour-cent du nombre total des lignes téléphoniques. Aujourd’hui ils représentent 60 pour-cent. Et plus intéressant encore, la croissance de ce marché dans les pays en développement n’est pas prête de s’arrêter, ce qui est principalement dû à ce que j’appellerai la révolution du cellulaire. »

Il y a aujourd’hui plus de cellulaire que de téléphones fixes ; environ 70 pour-cent de la population des pays en développement, et plus de 50 pour-cent en Afrique subsaharienne, vivent dans une zone couverte par un service de téléphonie mobile.

Le rapport montre également que les services avec prépaiement et cartes d’appel permettent aujourd’hui aux ménages, même les plus pauvres, de bénéficier d’un meilleur accès au téléphone.

En 2005, la moitié des ménages dans le monde avait un téléphone. L’Europe de l’Est et l’Asie Centrale viennent en tête des régions en développement, en ce qui concerne le taux d’abonnement téléphonique : il y a plus que doublé entre 2000 et 2004.

Mais en termes de croissance de la connectivité, l’Afrique subsaharienne fait figure de locomotive, avec un triplement du taux d’abonnement téléphonique, même si ce dernier reste encore faible avec 103 abonnés pour 1 000 personnes.

L’Internet : un tableau plus nuancé

Selon Mme Christine Qiang, économiste à la Banque mondiale et éditrice du rapport, s’il est vrai que le monde en développement a enregistré d’immense progrès dans le développement des infrastructures de base pour la technologie de la communication, le tableau reste plus nuancé pour des utilisations plus sophistiquées comme Internet

L’utilisation de Internet au niveau mondial a quadruplé en 2000 et 2005. Mais comme l’explique Qiang : « En matière de serveurs sécurisés donnant accès à l’Internet, le fossé entre pays développés et pays en développement est énorme : plus de 300 serveurs Internet sécurisés par million d’habitants chez les premiers, contre moins de 2 dans les pays en développement. Le Canada a plus de serveurs sécurisés que tous les pays en développement mis ensemble. »

Tout en se réjouissant des progrès accomplis, le rapport reconnaît que les pays en développement ont encore un long chemin à parcourir, pour que les TIC fassent partie du paysage dans leurs administrations, leurs écoles et leurs entreprises.

Quelques chiffres illustrent cette situation : dans la plupart des pays développés, pratiquement toutes les écoles primaires et secondaires offrent aux élèves accès à Internet ; dans les pays en développement, elles ne sont que 38 pour-cent à le faire. Et dans moins de 1 pour-cent des écoles africaines, les élèves peuvent aller sur le Web.

L’Europe de l’Est et l’Asie Centrale sont en tête des régions en développement : 117 utilisateurs Internet pour 1000 habitant, soit six fois plus qu’en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne.

La voie à suivre

Le rapport recommande aux pays en développement de travailler en partenariat avec leur secteur privé pour augmenter la portée et l’utilisation des TIC, et de mettre fin aux monopoles existants.

« Dans près de la moitié des pays en développement, les situations de monopole en matière de communications longue distance et internationales ont freiné l’évolution des services Internet, et constituent aujourd’hui un des principaux obstacles au développement des services d’information, » explique M. Khalil.

« Il est essentiel pour les pays en développement de parachever leur processus de libéralisation en mettant fin aux monopoles restants et en libéralisant entièrement la fourniture de services. Cela se fera en encourageant le secteur privé à fournir des services à un coût abordable, » dit-il.

Source :Le groupe Banque Mondiale.Mars 2006. Auteur :Le groupe Banque Mondiale


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