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Ce qui manque encore à l’informatique Internet

Alain Lefebvre

mercredi 9 février 2005, par Collecte CND R.L

PHP, l’Open Source, le haut débit... L’informatique Internet fait des progrès mais les Web services basés sur REST, l’interface client riche et le Web sémantique sont les 3 prochaines grandes étapes.

L’informatique Internet fait des progrès, le septicisme recule, l’évidence se fait plus nette et son avénement parait désormais inéluctable. Faisons donc le point et un peu de prospective pour identifier les derniers pas restant à faire...

Souvenons-nous tout d’abord que ce genre d’évolution prend du temps : il a fallu des années pour qu’Ethernet efface complètement Token Ring, que TCP-IP supplante les autres protocoles ou que les bases de données relationnelles deviennent les réceptacles standards des applications. Les progrès récents...

Il reste encore un peu de chemin à faire mais PHP creuse son sillon et devient petit à petit le langage de référence (NDLR : voir aussi l’interview de Zeev Zuravski).

Le mouvement Open Source lui aussi est désormais reconnu comme étant la marche à suivre.

Le haut débit a habitué les gens au mode "connecté en permanence" et même si les problèmes de sécurité sont désormais omniprésents, la notion d’applications distantes (quelque part sur un serveur à travers l’Internet plutôt que sur le réseau local) est de mieux en mieux acceptée et de plus en plus utilisée (avec des exemples significatifs comme Salesforce et Gmail).

Le réseau commence aussi à être utilisé pour le téléphone avec Skype.

Mais la généralisation de la VoIP ne peut pas se réaliser complétement à travers une solution propriétaire comme l’est Skype.

On verra donc, là aussi, le lent cheminement des solutions ouvertes qui finiront par triompher (non seulement de Skype mais aussi des Telcos), avec le temps.

Maintenant, quelles sont les prochaines grandes étapes pour achever l’avénement de l’informatique Internet (et ainsi basculer dans le 3e tournant) ? J’en vois 3 :

les Web services,

l’interface client riche,

le Web sémantique.

Les Web services sauvés par REST

On a déjà évoqué ici-même (NDLR : lire la chronique du 22/04/2004)

la situation désastreuse où se trouve les Web services (mécanisme d’appel de procédure à travers des protocoles comme SOAP).

En effet, l’acharnement actuel autour de SOAP ressemble fort à la foi aveugle qu’une bonne partie de l’industrie avait pour CORBA il n’y a encore pas si longtemps (avec une absence de résultat sidérante au vu des efforts investis !).

En vérité, ce n’est pas en alourdissant toujours plus l’enveloppe technique de SOAP que l’on va sortir de cette impasse, au contraire. Il faut changer de direction, radicalement.

Il y a encore quelques mois, le modèle REST pour les Web services était complètement inconnu en dehors d’un petit cercle d’initiés (voir notamment cet excellent blog [NDLR : et l’article du 26/10/2004]).

Heureusement, la popularité de REST va grandissante depuis que la presse l’a mis en avant. Les réticences sont encore nombreuses mais l’idée fait son chemin, ouf !

L’interface client riche, le bout du tunnel ?

Ah, le retour du client riche ! Depuis combien d’années est-il annoncé ? Pourtant, nous l’attendons encore. Tout ceux qui prédisaient que le client riche allait connaitre une seconde jeunesse grâce à Flash, Java (sans commentaire) ou telle ou telle solution propriétaire et inconnue mais prometteuse se sont fourvoyés (pour rester gentil)

Comment imaginer que Flash, malgré ses nombreux mérites, puisse devenir le socle du client riche ? Comment peut-on encore croire que Java, après toutes ses tentatives marquées par l’échec et la confusion va finalement percer sur le poste client ?

Le bout du long tunnel ne va pas non plus venir d’une start-up géniale qui va emporter la décision sur un sujet aussi lourd. Pourtant, il y a peut être quand même une lueur d’espoir qui luit tout là bas...

Et cette lueur, c’est XUL. XUL est le langage de description

d’interface du moteur Gecko (utilisé par Mozilla et Firefox), sous ensemble de XPFE qui est le framework du projet Mozilla en matière d’interface.

Par rapport à ses concurrents, XPFE a quelques énormes plus : il est ouvert, il est libre de contrainte et il s’appuie sur des éléments qui sont déjà des standards du Web tels que Javascript et les CSS (NDLR :

lire aussi l’article du 06/05/2004).

Pour le moment, XUL est encore peu utilisé mais je pense qu’on tient là la solution pour aller vers un client riche ET standard.

Le meilleur des deux mondes en quelque sorte...

Le Web sémantique, un rêve lointain ?

La notion de Web sémantique (voir notamment ce wiki) est un des sujets brûlants de ces dernières années. De quoi s’agit-il ?

Rendre sémantique le Web, c’est compléter les balises HTML par des balises porteuses de sens (XML). Voici quelques différences entre Web traditionnel et Web sémantique : Web informel vs Web formalisé

Web quantitatif vs Web qualitatif

Web opaque vs Web transparent

L’ambition est noble mais le but parait encore lointain. Pour le moment, le Web sémantique n’a pas encore produit de perçée significative.

Pourtant, des applications modestes mais concrètes de ses principes commencent à apparaitre.

Un premier exemple : RSS. La vague des blogs a contribué à populariser ces 3 lettres.

RSS est un format de document très simple permettant de décrire des listes de choses, chaque chose étant définie généralement par un titre, un résumé et un lien à une URL.

La liste des derniers articles publiés sur un site Web, à l’image des fils de presse, est actuellement l’application principale de RSS : on parle de "syndication" pour un site produisant un fil RSS.

On assiste actuellement à un véritable bouillonement d’idées autour de l’utilisation de RSS pour des usages qui vont bien au-delà de la simple syndication d’une liste d’articles (il est intéressant de constater que, dans une certaine mesure, RSS donne une nouvelle vie à la notion de push).

Autre exemple d’application modeste mais significative du web sémantique : FOAF. Le format FOAF(Friend Of A Friend ou "amis d’un ami") est un vocabulaire RDF permettant de décrire des personnes et les relations qu’elles entretiennent entre elles.

FOAF est une application du Web sémantique qui est considérée comme très prometteuse car elle permet d’identifier et de relier les individus entre eux (une autre initiative dans ce domaine est XFN).

Quand les Web services (à la mode REST) seront largement employés pour des applications proposant des interfaces riches (reposant sur XUL) et bénéficiant des apports du Web sémantique, alors oui, on pourra dire que la transition est terminée et que l’informatique Internet est devenue la principale informatique.

Comme le dirait un responsable marketing travaillant pour l’industrie informatique, “c’est pour bientôt, très bientôt” (soon, really soon à traduire par “de mon vivant, peut-être !”).


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