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Le coût de l’Internet par satellite divisible par dix

lundi 13 décembre 2004, par Collecte CND R.L

Le projet Agora du Centre National d’Etudes Spatiales vise à mettre en orbite un satellite multifaisceau pour réduire la fracture numérique.

Réduire la fracture numérique entre les zones urbaines et rurales françaises en réduisant le coût de l’accès au satellite par un facteur cinq, c’est le projet ambitieux mené par le Centre National d’Etudes Spatiales (CNES) sous le nom Agora (Accès Garanti et Optimisé pour les Régions et l’Aménagement des territoires). Au delà de la France le projet couvrira l’Europe et pourrait aussi desservir les pays du pourtour méditerranéen.

Initié en avril 2003, le projet prend un coup d’accélérateur cinq mois plus tard après des demandes insistantes de l’Etat. Pour briser les coûts, l’agence compte attaquer les prix sur deux fronts. "Aujourd’hui, 70 à 80% du prix d’un accès satellite provient du canal satellite. C’est à ce niveau qu’il faut porter l’effort pour faire baisser les prix", indique Bernard Mathieu, directeur des programmes de télécommunications au CNES de Paris.

Dans ce domaine, les opérateurs satellites fixent aujourd’hui leurs prix en fonction du principal service associé au satellite, la télévision. Un mode de tarification inadapté à un marché de vente au détail. "Aujourd’hui nous sommes dans un marché où l’opérateur marge plus que celui qui offre les services", souligne Bernard Mathieu. Pour changer ce modèle économique, le CNES envisage d’exploiter une technologie multifaisceau.

"Plutôt que de diffuser l’information par des faisceaux larges comme le fait un satellite traditionnel, nous utilisons une multitude de faisceaux étroits. Sur un satellite de quarante faisceaux, on émet sur des bandes de fréquences différentes associées chacune à un faisceau dans un groupe de quatre faisceaux juxtaposés, le motif de quatre faisceaux est répété dix fois. Ainsi on réutilise dix fois la même plage de fréquence, le coût est réduit par dix", explique Bernard Mathieu.

Chaque faisceau couvre une zone géographique donnée. Quatre faisceaux sont ainsi nécessaires pour couvrir l’ensemble du territoire français.

"Pour chaque faisceau, il existe une passerelle qui relie le satellite au réseau terrestre. C’est cette passerelle que l’opérateur satellite pourra attribuer aux FAI qui en feront la demande", déclare Bernard Mathieu. Si le projet trouve preneur chez les investisseurs privés, le satellite pourrait être opérationnel d’ici 2007. En attendant, le CNES dispose d’un atout supplémentaire pour faire baisser les coûts du canal satellite.

"Le standard satellite en Europe est la norme DVBS. En passant au DVBS2, plus performant, il est possible de réduire déjà les coûts de l’ordre de 30% environ", analyse Bernard Mathieu. Deuxième front en matière de réduction des coûts auquel s’attaque le projet Agora, le coût du terminal satellite.

Aujourd’hui de l’ordre de 1 500 euros et plus, il reste trop cher pour un marché de masse. Après une étude de faisabilité réalisée en partenariat avec Thomson, le CNES estime qu’il serait possible de ramener ce prix à 300 euros.

Même chose pour le prix des passerelles réseaux qui se situent aujourd’hui autour de 150 euros par abonné géré et qui pourraient tomber à près de 50 euros par abonné géré dans un marché de masse. Le coût du canal satellite servira donc de détonateur à la baisse des prix, puis la demande grimpant, le prix des équipements baissera. Coté utilisateur, un modem triple play a même été envisagé. "Ainsi pour 45 euros par mois, l’utilisateur disposerait d’une connexion 1 Mbits/s, de 50 chaînes de télévision et d’un forfait de voix sur IP limité en temps", ambitionne Bernard Mathieu. Dans ces 45 euros figure également le remboursement du modem triple play. Le panel de tarifs est alors très large. Selon le souhait de l’opérateur, il sera possible de facturer plus cher une ligne à très haut débit garanti. Tandis que pour une offre destinée aux particuliers, le satellite pourrait passer sous la barre des 30 euros pour une offre triple play 512 Kbits/s. "Avec de tels tarifs, le satellite serait encore plus cher que des offres fibres/DSL en zones urbaines mais moins cher que du WiFi ou du Wimax en zones rurales", conclut Bernard Matthieu.

Même chose pour le prix des passerelles réseaux qui se situent aujourd’hui autour de 150 euros par abonné géré et qui pourraient tomber à près de 50 euros par abonné géré dans un marché de masse. Le coût du canal satellite servira donc de détonateur à la baisse des prix, puis la demande grimpant, le prix des équipements baissera. Coté utilisateur, un modem triple play a même été envisagé. "Ainsi pour 45 euros par mois, l’utilisateur disposerait d’une connexion 1 Mbits/s, de 50 chaînes de télévision et d’un forfait de voix sur IP limité en temps", ambitionne Bernard Mathieu.

Dans ces 45 euros figure également le remboursement du modem triple play. Le panel de tarifs est alors très large. Selon le souhait de l’opérateur, il sera possible de facturer plus cher une ligne à très haut débit garanti.

Tandis que pour une offre destinée aux particuliers, le satellite pourrait passer sous la barre des 30 euros pour une offre triple play 512 Kbits/s. "Avec de tels tarifs, le satellite serait encore plus cher que des offres fibres/DSL en zones urbaines mais moins cher que du WiFi ou du Wimax en zones rurales", conclut Bernard Matthieu.

Et ce n’est que le début de ce qui pourrait être un changement radical des technologies Internet par satellite. En 2009, l’Agence Spatiale Européenne envisage de lancer un satellite offrant une capacité deux à trois fois plus importante que celle promise par le premier satellite multifaisceau. Pour devenir réalité, le projet Agora nécessite désormais la participation d’investisseurs privés.

Lien :http://solutions.journaldunet.com/0412/041206_satellite_cnes.shtml


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