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Conférence internationale sur la société de l’information : adoption à l’unanimité de la Déclaration de Marrakech

El Mahjoub Rouane (Le Matin)

jeudi 9 décembre 2004, par Collecte CND R.L

La conférence internationale de suivi du Sommet de la société de l’information a clos ses travaux, mercredi à Marrakech, par l’adoption de la déclaration et du programme d’action, ainsi que de la position des organisations professionnelles des médias sur la gouvernance d’Internet.

Placée sous le Haut patronage de S.M. le Roi Mohammed VI, les travaux de la conférence de suivi du Sommet de la société de l’information, entièrement consacrée à l’épineuse question de l’avenir des médias dans la société mondiale de l’information, sur tous les plans : législatif, politique, économique et technologique, ont été sanctionnés par des propositions qui seront soumis au Sommet de Tunis qui se tiendra du 16 au 10 novembre 2005.

Les médias, grands absents du 1er SMSI tenu à Genève du 10 au 12 décembre 2003, ont cette fois été mis à contribution tant au niveau de l’organisation (réseau des Chaires Unesco), que de la participation puisque de nombreux professionnels ont été amenés à donner leurs avis sur des questions épineuses.

Durant trois jours, les participants à la Conférence de Marrakech ont évalué les résultats du Sommet de Genève sous l’angle spécifique des médias et débattu des perspectives de la 2ème phase du SMSI, notamment en ce qui concerne la mise en œuvre des recommandations du Plan d’action intéressant plus particulièrement les médias africains et arabes. Leur prise de position devra être transmise au groupe de travail ad hoc créé par le secrétaire général des Nations unies à la demande du Sommet de Genève.

En effet, le Plan d’action adopté à Genève a reconnu le « rôle essentiel » que jouent les médias dans la création de la société de l’information et a appelé par conséquent à réduire les écarts entre pays en matière d’infrastructures, de ressources techniques et de mise en valeur des compétences humaines. Sous le titre « Grandes orientations » figure un chapitre sur les médias qui reconnaît que ces derniers apportent une contribution importante à la liberté d’expression et au pluralisme de l’information.

Dans ce cadre, Jean Réveillon, secrétaire général de l’Union européenne de radiotélévision (UER), a proposé « pour 2005 d’organiser un deuxième Forum à Tunis sous le titre ».-----

Le rôle-clé des médias dans la réalisation des objectifs du SMSI.

L’accent sera mis sur l’action, comme par exemple des mesures concrètes pour assurer la qualité de l’information, la sécurité des journalistes et de l’information pour tous dans la société de l’information.

Pour sa part, Michelle Ndiaye Ntab, directrice régionale de l’Association mondiale des radios communautaires « bureau régional d’Afrique », a recommandé d’inclure les femmes dans les médias en tant qu’acteurs dans les processus enclenchés par la société de l’information et d’encourager les femmes journalistes à se doter d’une adresse électronique :connexion à l’Internet afin qu’elles puissent contribuer et participer dans des Forums de débat sur l’Internet, aussi bien que pour avoir accès à l’information disponible sur le web.

Cet avis a été largement partagé par Anne Guedheu Youmbi, présidente de l’Association for professionnal African Women in communication (APAC) qui a souligné que « l’avènement de médias africains à même de jouer pleinement leur rôle dans la société de l’information passe par une solution avérée aux problèmes endogènes par la formation, une autorégulation interne de la profession conséquente, etc.

Ensuite, les pouvoirs publics du Sud, et en l’occurrence d’Afrique et des pays arabes comme espace commun par opposition au Nord, doivent comprendre les enjeux relatifs aux médias et entreprendre des politiques volontaristes.

Celles-ci auraient pour finalité de protéger ceux de leur sphère du point de vue de la cybersécurité notamment et de transformer nos médias actuels globalement lilliputiens en tout point de vue, en organes de poids capables d’occuper de la place et de donner de la voix dans l’édification d’une société de l’information où règne un minimum de solidarité, d’équité et d’égalité ».

Réduire la fracture numérique

Pour Jamal Eddine Naji, titulaire de la Chaire Unesco en communication et professeur à l’Université Mohammed V, « la fracture numérique à l’intérieur des paysages médiatiques ou dans chaque type de médias, devra bénéficier de plus d’examens, d’études et de propositions.

Conscients que l’objectif ambitieux de la présente Déclaration-réduire la fracture numérique et garantir un développement harmonieux, juste et équitable pour tous- nécessitera un engagement ferme de la part de toutes les parties prenantes, nous lançons un appel à la solidarité numérique, aussi bien à l’échelle des nations qu’au niveau international ».

Le même avis est partagé par Abderrahim Sami, enseignant-chercheur en communication qui a expliqué qu’il est « urgent d’accélérer les rythmes du développement économique et social et investir les médias comme leviers de cette dynamique, notamment en redéfinissant aux médias de nouvelles finalités sociales et culturelles qui vont au-delà de leurs fonctions d’information et de divertissement.

C’est-à-dire en élargissant leur champ d’intervention à l’éducation, à la formation entre autre ». Justement, il a été question, dans la déclaration de Marrakech, de la formation en recommandant que « tous les journalistes doivent bénéficier de leurs droits fondamentaux, dont la liberté d’association, l’éducation et la formation, conformément aux conventions de l’Organisation internationale du Travail ».

Cette clause a été très défendue par les professionnels des médias dont M. Sami qui ajoute que « l’éducation aux médias et la formation des ressources humaines intervenant dans les médias, journalistes et techniciens notamment, sont vitales non seulement parce que les médias sont une arme à double tranchant qui risquent de se retourner et nuire à ceux qui les utilisent, mais aussi et surtout pour une plus grande efficacité, un plus grand rendement de leur investissement ».

Maintenant, comme l’a fait remarquer Mohamed Nabil Benabdallah, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, « la phase de Tunis devra être l’occasion de passer des paroles aux actes, d’être le Sommet des solutions, et de mettre l’accent sur trois grands thèmes : la mise en œuvre de la déclaration de principes et du plan d’action élaborés à Genève, les mécanismes financiers en vue de réduire la fracture numérique et l’examen de questions relatives à la gouvernance de l’Internet ».

Formation au reportage à l’ISIC

L’Institut supérieur de l’information et de la communication (ISIC) organise, du 29 novembre au 11 décembre, une formation au reportage de 13 minutes pour la télévision, avec le soutien du Service de coopération et d’action culturelle de l’Ambassade de France. Dispensé aux journalistes marocains, ce module sera assuré par International médias formateurs associés (IMFA), une société française qui œuvre au Maroc pour la formation des journalistes et des communicants.

Lien :http://www.lematin.ma/rech/rsarticle.asp ?tb=article&id=41058


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