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Les États-Unis et la gouvernance mondiale

Patrick Allard , Centre d’analyse et de prévision,ministère des Affaires étrangères

vendredi 17 décembre 2004, par Collecte CND R.L

Le texte qui suit a pour l’essentiel été rédigé au début de l’été 2001,avant les attaques terroristes du 11 septembre.

Dès avant les événements du 11 septembre 2001, on pouvait, en forçant le trait, dire que les États-Unis se percevaient comme plongés dans un monde « hobbsien », que seul un hegemon bienveillant mais puissant et déterminé peut maintenir en paix.

Hasard de l’histoire ou prédestination, les États-Unis se voient, après d’autres puissances, investis de cette mission et se doivent de préserver, pour le bien de tous, leur prédominance, en s’entourant d’alliés choisis et en prévenant la montée de toute puissance ou toute coalition concurrente, qui pourrait être moins efficace ou moins bien intentionnée.


Toujours à gros traits, on peut dire que, collectivement, les Européens se vivaient dans un monde « lockien », où ce n’est pas l’existence de tous qui est en question mais plutôt leur bien-être, ce qui appelle non pas la préservation d’une hégémonie pacificatrice, mais plutôt la définition et la mise en place de règles du jeu équitables et applicables à tous La rupture introduite par les événements du 11 septembre est la suivante :

un profond sentiment de vulnérabilité va désormais s’imposer dans la perception stratégique américaine : ni la géographie ni ses armes ne suffisent plus à protéger l’Amérique.

Les États-Unis ne peuvent pas ignorer que leur sécurité propre dépend désormais de la coopération du reste du monde. Face à un ennemi difficilement identifiable, sans enracinement territorial stable, et qui, pour des raisons d’efficacité autant que de prudence, développe son action sur un plan multinational, la sécurité américaine, pas plus que celle d’aucun autre pays, ne peut être assurée sur une base strictement nationale.

La lutte contre le terrorisme requiert au contraire une coopération avec un grand nombre d’États, dans des domaines multiples : militaire, renseignement, contrôle des frontières, justice, police...

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