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L’intelligence économique : un défi culturel

Alain Juillet

lundi 27 février 2006, par anass


« L’Etat aura mené sa mission à terme quand les entreprises françaises se seront approprié la démarche d’intelligence économique. En France, le partage de l’information est une des révolutions culturelles de ce début de siècle.

Plus d’un an après ma nomination, les résultats obtenus ont dépassé mes espérances, même si nous avons avancé moins vite que je ne voulais... En 2004, le groupe de travail interministériel permanent de l’intelligence économique s’est concentré sur la mise en place d’un dispositif public : définition des secteurs stratégiques et des entreprises justifiant l’implication de l’Etat, établissement d’un référentiel de formations en intelligence économique, lancement d’une politique d’intelligence territoriale testée dans huit régions, contrôle législatif amélioré sur les investissements étrangers, etc.

L’Etat ne peut rien tout seul

En 2005, nous allons poursuivre le travail engagé, tout en déployant notre action vers les entreprises, notamment les PME-PMI, en France et à l’international. Mais l’Etat ne peut rien faire sans être accompagné et relayé par les organisations professionnelles - Medef, Cgpme, fédérations professionnelles - et les chambres de commerce et d’industrie. Les organisations professionnelles peuvent fournir aux entreprises les informations utiles sur leur secteur d’activité, tandis que les CCI ont une approche sectorielle et géographique. En effet, leur maillage local, régional et national permet de mutualiser les informations pour les petites et moyennes entreprises françaises, quelle que soit leur localisation. L’Etat aura réussi sa mission quand les 2 300 000 PME-PMI se seront approprié la démarche d’intelligence économique via leurs organisations professionnelles et les CCI.

Récemment, de multiples initiatives ont vu le jour en France : les pôles de compétitivité de la Datar, les pôles de compétences du développement durable, la création d’Oseo*... Cela prouve la volonté de s’adapter à la compétition internationale par le développement de l’innovation et la recherche technologique. C’est important si nous voulons éviter les délocalisations, favoriser l’emploi et le dynamisme de notre économie. C’est le rôle de l’Etat de coordonner ces énergies. D’ailleurs, je remarque que nos partenaires européens observent de près notre démarche. Contrairement aux pays latins, les Anglo-saxons pratiquent l’intelligence économique depuis toujours. Pourtant, la France est considérée par ces derniers comme un des pays au monde les mieux préparés à la compétition internationale. Nous disposons en effet d’une organisation export qui a fait ses preuves, mais c’est insuffisant. Aujourd’hui, il faut ancrer la culture d’intelligence économique dans notre pays et la croiser avec notre savoir-faire à l’exportation pour retrouver un dynamisme hors frontières.

En France, un des changements majeurs de ce début de siècle est d’ordre culturel. Alors que nous vivons depuis des siècles dans la rétention d’information et l’individualisme, nous devons aujourd’hui apprendre à partager l’information et à travailler en réseau. L’action structurante de l’Etat, alliée au soutien opérationnel des organisations professionnelles et des CCI, permettra, j’en suis convaincu, cette évolution nécessaire dans la compétition internationale. »

*Oseo : association de l’Anvar et de la BDPME.

Source :ACFCI.Auteur :Alain Juillet.haut responsable chargé de l’intelligence économique au secrétariat général de la Défense nationale.


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