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PORTO ALEGRE (Brésil), 30 jan (AFP)

Les logiciels libres ont le vent en poupe au FSM

lundi 31 janvier 2005, par Collecte CND R.L

Le projet de basculer les ordinateurs du monde sur des logiciels libres de droit, qui inquiète vivement des groupes comme le géant américain Microsoft, a recueilli un vif succès lors du Forum social mondial (FSM) de Porto Alegre, au Brésil.

Les participants à un atelier du FSM ont estimé que la question des logiciels libres --- qui peuvent être modifiés par leur utilisateur, à l’inverse des systèmes dits propriétaires — a des répercussions bien au-delà du monde de l’informatique.

Pour Marcelo Branco, du collectif brésilien Softwarelibre, les logiciels libres fonctionnant sur Linux ou Freedows (système développé au Brésil) sont moins coûteux et sont donc un instrument de démocratisation de l’accès à internet pour des pays pauvres comme le Brésil, "où seulement 2% de la population possède un ordinateur".

Ces deux dernières années, le Brésil a lancé des télécentres fonctionnant sur logiciels libres, implantés dans des quartiers difficiles, dont 120 dans la métropole de Sao Paulo, déjà utilisés par 250.000 personnes.

Georg Greve, président de la Fondation Freesoft Europe, a qualifié ces centres — où des cours d’initiation informatique mais aussi de création d’entreprise sont organisés — "de projet génial en matière de logiciel libre".

Le Brésil a un projet encore plus ambitieux : basculer 80% des postes de travail du gouvernement de Windows vers Linux dans les prochaines années, pour économiser sur les droits versés et stimuler une industrie informatique locale. Pour M. Greve, "le Brésil a parfaitement compris la question de la dépendance" par rapport aux firmes produisant les logiciels propriétaires.

"Free software" ne signifie pas cependant qu’ils soient gratuits : "on peut les vendre mais le prix est limité (100 euros en Europe, 10 réals au Brésil) car n’importe qui peut les mettre au point même si cela peut prendre des mois". Selon lui, le projet software libre a "enregistré de très grands succès ces 20 dernières années mais a aussi livré de grandes batailles".

Le gouvernement allemand a été le premier à épauler le projet software libre avec un financement ministériel il y a quatre ans pour un logiciel de cryptage du courrier électronique. En Espagne, la région d’Estremadura a entrepris de passer entièrement sur logiciel libre.

"L’Italie est pas mal en avance surtout la Toscane. La Commission européenne a donné de l’argent à travers son programme de financement de la recherche et développement où elle favorise les projets utilisant des logiciels libres", selon M. Greve.

La France "avait fait de grandes avancées en projetant un Institut devant être l’instance pour les logiciels libres mais elle a fait marche arrière, sans doute parce que des lobbies ont influencé le gouvernement", a estimé M. Greve. Il a jugé difficile de quantifier le succès des softwares libres dans le monde "mais 60% des sites internet travaillent déjà sur des free software comme Apache".

Pour lui, le rôle moteur du Brésil va être très important pour leur expansion en Amérique latine. "Il y a eu un premier congrès en Argentine l’an passé. Le Venezuela défraie aussi la chronique sur ce sujet", a-t-il noté.

Signe que cela inquiète Microsoft : la firme américaine a lancé mi-2004 des poursuites contre le responsable du projet gouvernemental logiciel libre Sergio Amadeu, pour des déclarations comparant les pratiques de Microsoft à celles de traficants de drogue pour leur faculté à habituer leurs clients à consommer de plus en plus de stupéfiants.

"La question est de savoir si le software, technologie de base de notre société de protocoles de communication, doit être la propriété d’un monopole ou un modèle partagé", a souligné Sergio Amadeu, lors de l’atelier.


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